Guillaume Calmès : la quête du vol parfait
Point d’Appui : Voler, réaliser des figures spectaculaires, enchaîner les sensations fortes… C’était un rêve de gosse ?
Guillaume Calmès : Oui. J’ai pris mes premiers cours de pilotage à l’âge de 15 ans. J’étais porté par des lectures d’enfants, des rêves de liberté dans des espaces presque sans limites. J’ai eu la chance d’être accompagné dans cette quête par la Fédération française aéronautique (FFA), dont la priorité était d’amener les jeunes au pilotage. Puis j’ai passé mon brevet à 17 ans et j’ai poursuivi le rêve en devenant pilote de ligne en 2005. Je suis entré à Air France, où je suis toujours. Mon parcours prouve que le pilotage est accessible à tout le monde, et c’est le message que fait passer la FFA.
P. d’A. : Et ça ne vous suffisait pas : vous avez décidé de faire de la voltige aérienne, jusqu’à en devenir un champion… Un manque de sensations fortes ?
G. C. : (Rires) Non, la voltige aérienne était une suite presque naturelle, car le pilotage est une discipline qui ne laisse pas la place à l’amateurisme. Elle représente le plus haut niveau de technicité dans le domaine. Les sensations fortes, finalement, on ne les ressent pas spécialement pendant le vol, qui est un moment où il est question de survie, où on se fait plutôt du mal, avec des pressions pouvant aller jusqu’à 8 ou 9 G, des roulis de 420 degrés en une seconde, des vitesses de 400 km/h. On doit surtout penser à tout maîtriser, avec une concentration extrême, une précision de tous les instants car nos figures sont jugées au degré près. Le plaisir vient plutôt après, quand on revoit ses vols et que l’on éprouve la satisfaction de les avoir réussis.
P. d’A. : En 2018, vous avez intégré l’équipe de France Advanced, l’antichambre des meilleurs. Vous avez été champion de France, puis champion d’Europe. Vous voilà maintenant en équipe de France Unlimited, parmi les meilleurs…
G. C. : Oui, je suis fier de ce parcours, qui vient d’être couronné par une 10ᵉ place en individuel aux derniers championnats du monde, qui se sont déroulés aux États-Unis. J’ai terminé 5ᵉ Français sur dix, et notre équipe de France a été sacrée championne du monde, un titre qu’elle détient depuis 2013. Mais seuls les trois premiers Français au classement peuvent se targuer d’être champions du monde. Je connais donc déjà mes objectifs pour l’avenir (rires). Et si des sponsors veulent participer à l’aventure, je suis ouvert.
P. d’A. : Il paraît enfin que vous avez fait découvrir votre discipline à un autre Isséen bien connu, Isack Hadjar, notre pilote de F1, qui s’y connaît aussi pas mal en adrénaline ?
G. C. : Oui, c’était en juin 2024, juste avant qu’il n’arrive en F1, à l’occasion d’un échange entre la FFA et la fédération des sports automobiles. En descendant de l’avion, il m’a dit : « C’est vous, les fous, pas nous ! » (rires).
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