Mis à jour le 27 septembre 2021

Biennale d’Issy : une sculpture lumineuse sur la place de l’Hôtel de Ville

Depuis le 15 septembre, la sculpture lumineuse « Icare », réalisée par Florence Tassan Toffola et Hugo Verlinde, habille une partie de la façade de l’Office de tourisme dans le cadre de la Biennale d’Issy. Point d’Appui a rencontré les deux artistes.

Point d’Appui : Qu’est-ce qui a inspiré votre oeuvre ?
Florence Tassan Toffola et Hugo Verlinde : Le thème de la Biennale « Figurer le cosmos » nous a inspiré la figure d’Icare, cet être ailé, grisé par la lumière du Soleil. Nous avons imaginé un Icare au féminin qui, contrairement au personnage du mythe, ne se jette pas dans l’action avec orgueil, mais fait le choix de se poser et de méditer sur le monde qui l’entoure. Un Icare plus sage, plus
réfléchi, sensible à l’aspect invisible des forces présentes dans la nature. Sur son piédestal, à la manière de Jules Supervielle, notre Icare se dit qu’ « avec son air très naturel, le surnaturel nous entoure ».

P. d’A. : Comment avez-vous imaginé ce dialogue entre le verre et le numérique ?
F.T.T. et H.V. : Nos créations naissent du rapprochement de nos disciplines, le verre et l'art numérique, et de leurs interactions
possibles. Le verre fonctionne comme un appel, une brèche, une fenêtre où l’infini se laisse entrevoir. De cette fenêtre des compositions célestes se déploient et nous font découvrir un ciel étrange, inconnu, mystérieux. Nous voyons ce ciel comme un ciel intérieur, une représentation de notre vie intérieure. Dans ce travail que nous menons sur le thème du ciel et du rêve, nous tissons des passerelles avec des peintres comme Turner ou Magritte.

P. d’A. : Pouvez-vous en expliquer la symbolique ?
F.T.T. et H.V. : Notre Icare au féminin est une invitation à élever le regard, à prendre conscience de nos responsabilités dans les rapports que nous avons avec notre environnement. Icare peut se lire aussi « I care » : je prends soin. Nos rapports avec la nature et le monde animal sont à repenser dans le sens d’un équilibre et d’une harmonie à construire. Il y a de précieux enseignements à tirer de la crise actuelle. Les signaux d’alerte que le monde nous a envoyé sont clairs. Nous ne pouvons plus les ignorer et retomber dans nos mauvaises habitudes. Nous entrons dans une ère de plus grande responsabilité avec le vivant. De nouvelles méthodes d’approches doivent être trouvées et mises en pratique si nous ne voulons pas nous bruler les ailes. Icare veille et nous protège…

Contemplez la statue Icare jusqu'au 7 novembre, sur la place de l'Hôtel de Ville