Nathalie Carreca, responsable fleurissement GPSO et François-Xavier Millais, chef du service parcs et jardins d’Issy et Vanves à l’entrée des serres d’Issy-les-Moulineaux.
Mis à jour le 16 mai 2022

Jardiniers : plus belle la ville !

Ils travaillent toute l’année à entretenir, fleurir et arroser nos parcs, jardins et espaces verts, quelles que soient les conditions météo. Nos jardiniers, mutualisés avec Grand Paris Seine Ouest (GPSO) rendent notre ville, notre vie, plus belle.

Nous nous donnons rendez-vous à la gloriette du jardin botanique, un accessoire de jardin totalement désuet au charme romantique suranné. Des rosiers grimpants bourgeonnent et des oiseaux piaillent au soleil en ce début d’après-midi de printemps. Nathalie et François-Xavier nous ouvrent les portes des serres voisines et nous racontent leur métier.

« Nous créons les massifs autour d’une plante. À partir de celle-ci nous composons une trame, marions les couleurs et varions les hauteurs. De là se dégage une certaine homogénéité et une esthétique », nous explique Nathalie Carreca, responsable du fleurissement chez GPSO. Pour créer ces parterres, environ 25 000 plantes sont nécessaires chaque année. Celles-ci sont cultivées pour toutes les villes de GPSO dans les serres de Sèvres. Elles grandissent selon deux rythmes : les estivales repiquées au printemps et plantées pour l’été et les bisannuelles semées à l’automne et plantées en hiver. De nombreuses variétés sont cultivées, même si dernièrement les plantes vivaces dominent largement les plantations. S’il existe des serres à Issy, celles-ci ne sont plus utilisées pour faire grandir les plantes mais gardent une fonction de conservation, avec notamment une collection exceptionnelle de cactus.

Un métier qui a changé

Le métier de jardinier a beaucoup évolué. La grande rupture a eu lieu il y a une dizaine d’années avec l’instauration du zéro phyto pour l’ensemble des espaces verts (l’interdiction des désherbants et autres produits chimiques). Ce changement a eu des répercussions importantes dans le choix des essences plantées. « Il y a des plantes que l’on n’utilise plus, raconte Nathalie Carreca. Avant, on plantait beaucoup de rosiers. Mais pour être en pleine forme, il était nécessaire de les traiter deux fois par mois. Seules les variétés anciennes sont moins sensibles aux parasites. On a donc arrêté d’en planter et développé d’autres variétés. Les jardins sont devenus beaucoup plus naturels et, inspirés par les designers végétaux à la mode, nous avons intégré de plus en plus de graminées. »

Les machines ont, elles aussi, évolué et sont maintenant quasiment toutes électriques. La prise en compte des écosystèmes naturels a conduit les jardiniers à être plus vigilants, notamment vis-à-vis de la faune qui habite les espaces verts. On accueille maintenant des abeilles, des abris à hérissons ou encore des hôtels à insectes.
Aujourd’hui, le métier attire moins les jeunes générations. « Il est très important que les anciens puissent transmettre leurs connaissances aux jeunes, note François-Xavier Millais, chef du service parcs et jardins de GPSO. La transmission concerne bien évidemment les compétences du métier sur les plantes, leur culture et leur entretien. Mais au- delà, il s’agit de transmettre des connaissances plus fines, sur notre ville, les lieux plantés et leurs caractéristiques. Tel espace vert est plus à l’ombre ou moins facile à arroser : cela détermine nos choix de plantes et au final la réussite d’un espace. »

Douze jardiniers travaillent aux espaces verts d’Issy-les-Moulineaux. Passionnés par leur métier, ils ont à cœur de partager leur amour des plantes. « Nous avons dernièrement remarqué que des orchidées sauvages avaient élu domicile dans le parc Henri Barbusse. On a mis en place des sangles pour que les tondeuses passent à côté et pour inciter le public à respecter leur pousse. »

Et à profiter de ce cadeau que la nature leur fait.