Mis à jour le 27 avril 2022

Au fait, pourquoi on végétalise ?

Les projets de végétalisation se multiplient à Issy comme ailleurs, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais quelles solutions les arbres nous apportent-ils ?

« C’est maintenant ou jamais ». Le dernier rapport du GIEC, Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, publié en avril, alerte sur la nécessité d’agir face au réchauffement climatique. L’objectif est de limiter la hausse des températures à 2 degrés maximum au cours de ce siècle conformément à l’Accord de Paris signé en 2015. Parmi les recommandations du groupe d’experts de l’ONU, on trouve notamment la captation de carbone grâce à la végétalisation.

Avec leur faculté d’absorption du C02, les arbres sont une arme pour ralentir la crise. Mais à cette fonction d’« atténuation » du dérèglement climatique s’ajoute une autre, plus cruciale sur le court terme : l’adaptation. « Quoi qu’il arrive, il y aura une augmentation des températures : îlots de chaleur urbains, phénomènes climatiques extrêmes...», nous explique Ariane Rozo, coordinatrice urbanisme en lien avec la santé et l’environnement à l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. Rafraîchissement, dépollution de l’air, soutien du sol...
La végétalisation peut permettre aux villes de s’acclimater à cette hausse inéluctable des températures.

Un arbre qui transpire, c’est rafraîchissant !

Pour apporter de la fraîcheur, la plantation d’arbres doit aller de pair avec la déminéralisation. « On oublie souvent le sol comme partie de la ville : il stocke le carbone et permet aux arbres d’évapotranspirer. Le sol évapore de l’eau et la feuille transpire, ce qui génère un rafraîchissement », détaille Ariane Rozo. « On estime qu’on peut diminuer la température de plusieurs degrés quand on végétalise bien et cela permet aussi de faire baisser les consommations d’énergie liées à la climatisation », continue-t-elle.

La chaleur n’est pas le seul défi des décennies à venir : les experts prévoient des phénomènes météorologiques violents plus fréquents. Là encore, les arbres nous apportent des solutions. « Le sol est mieux maintenu grâce aux racines qu’un sol nu. Dans l’optique de pluies intenses, cela permettra de lutter contre les glissements de terrain », avance l’experte de l’Ademe.

Un enjeu pour la santé des habitants

En attendant la transition vers des carburants plus écologiques, comme l’hydrogène sur lequel la ville d’Issy travaille, les végétaux participent aussi à limiter la pollution de l’air en filtrant certains polluants et en recueillant sur ses feuilles des particules fines. La végétalisation est également un enjeu très actuel pour la santé physique et mentale des habitants de zones urbaines.

Les espaces verts incitent à l’activité sportive, et permettent de créer du lien social, au moyen des jardins partagés par exemple... Des études scientifiques se penchent sur les bienfaits de la verdure sur la santé psychologique et dans la lutte contre certaines maladies. « La nature pourrait avoir des bienfaits sur des maladies de type Alzheimer, car cela rattache les malades au fil des saisons », évoque Ariane Rozo.
 

À Issy, 500 arbres plantés en 2021 !

En 2021, 500 nouveaux arbres ont été plantés à Issy-les-Moulineaux, avec la création de « forêts urbaines », esplanade du Foncet, dans le futur ecoquartier d’Issy Cœur de Ville et dans le parc Rodin.
Ces dernières se traduisent par une plantation dense de cinquante à plusieurs centaines d’arbres d’essences variées. L’objectif est de planter 5 500 nouveaux arbres d’ici à 2026. Avec ses nombreux espaces verts, entretenus sans produit phytosanitaire, le taux de végétation de la ville s’élève 28 %, un taux au-dessus de villes voisines comparables en petit couronne parisienne.
À Issy, la végétalisation va de pair avec une déminéralisation, 1 800m2 en 2021, avec un projet de « cours Oasis » visant à verdir les cours d’écoles.