Quand les jeunes isséens s’investissent dans leur citoyenneté
Décisions publiques, santé mentale, justice des mineurs ou droits de l’enfant : autant de sujets d’actualité abordés lors de grands rendez-vous nationaux. Les jeunes isséens y ont activement pris part, confronté leurs expériences et fait entendre leur voix. Ils reviennent sur ces quelques temps forts pour Point d’Appui.
Le CESE (Conseil Économique Social et Environnemental), dans le cadre de la grande cause nationale 2025 consacrée à la santé mentale des jeunes, a coécrit un avis avec la participation de plusieurs jeunes. Adrien y a contribué : « je suis au CCJ dans la commission des 11-14 ans. Dans cette consultation, nous nous demandions quelles étaient les problématiques principales liés à la santé mentale des jeunes et comment les résoudre. Sur la problématique de la pression que peuvent mettre des parents à leurs enfants ou des professeurs à leurs élèves, nous avons fait émerger trois thématiques. D’une part, la discrimination et le jugement avec le harcèlementscolaire, l’environnement personnel (la pression parfois trop forte de l’entourage), et enfin l’organisation des rythmes scolaires. Penser les emplois du temps autrement pour mieux équilibrer les journées et favoriser les activités sportives et culturelles extra-scolaires nous semble prioritaire. »
La CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) est un organisme indépendant du gouvernement. Elle a pour mission de conseiller les pouvoirs publics en produisant un rapport annuel et a lancé au printemps 2025 le dispositif Initiatives Jeunes. Objectifs : recueillir l’avis de la jeunesse sur l’application concrète des droits humains dans notre société. Thibault témoigne : « Je fais partie du dispositif Initiatives Jeunes de la CNCDH. Notre mission était d’étudier l’écart entre la loi française et internationale et son application dans la vie quotidienne. J’ai ainsi rencontré des jeunes venus de toute la France. En travaillant ensemble, nous nous sommes rendu compte que nos visions étaient très différentes et qu’il était intéressant de les comparer. Un exemple ? L’accessibilité des sites olympiques en 2024 pour les personnes handicapées. Les normes étaient respectées, mais dans les faits, des obstacles persistaient : transports, voirie, signalétique. L’écart entre la règle et le réel restait flagrant. »
Tous les deux ans, l’ANACEJ (Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes) organise un congrès rassemblant plus de 1 000 personnes - jeunes, élus et professionnels - autour d’une thématique citoyenne. Kadidja raconte : « Mon groupe a travaillé sur l’isolement social. Nous avons proposé des actions concrètes pour recréer du lien entre jeunes. Ce que je retiens ? L’écoute bienveillante des encadrants, et la conviction que nos idées ont été réellement prises en compte. »
Le Parlement de la Seine a réuni les conseils de jeunes des villes bordant le fleuve pour une journée dédiée à l’environnement. L’occasion de découvrir les actions du SIAAP (Service public de l’assainissement francilien) et d’échanger entre communes. Amaury, membre du Conseil Local de la Jeunesse d’Issy, s’est penché sur la question : « J’ai appris à faire la distinction entre la pollution visuelle, les déchets plastiques que l’on voit flotter, facile à traiter à l’aide de nasses de récupération et la pollution invisible (microplastiques), beaucoup plus difficile... Nous avons partagé nos modes d’actions pour lutter contre la pollution de la Seine et la pollution en général. La façon dont les différents conseils de jeunes proposent de lutter contre la pollution me semble perfectible. J’aimerais voir émerger une coordination des communes sur ce thème. Pourquoi pas une journée d’actions coordonnées de dépollution à la fois ludique et éducative ? »
Le COFRADE (Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant) veille à la bonne application de la Convention internationale des droits de l’enfant. Il organise régulièrement des temps de réflexion et de dialogue avec les11-18 ans. Merlin y participe depuis plusieurs années : « Cette année, cette journée s’est déroulée au Sénat. Après une séance d’introduction, il s’agissait de réfléchir à l'extension de la certification EVARS (éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité) à tous les professeurs. Vaste programme ! J’ai trouvé les débats intéressants. L'échange avec d’autres jeunes m’a fait prendre conscience des problématiques. Nous n’avons pas tous le même accès à cette éducation. »
Le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante, a consulté le CCJ sur la justice des mineurs. Pauline était de la partie : « On nous a d’abord demandé si la justice était trop sévère et quel était son but. Cela a déclenché des débats intenses. Nous avons pris conscience de notre méconnaissance du sujet. Une meilleure information des jeunes citoyens serait essentielle. »
Les jeunes Isséens souhaitant participer au CCJ peuvent s’inscrire à l’Espace Jeunes Anne Frank