Mis à jour le 7 avril 2026

Quand le jeu devient littérature : écrire avec le hasard

Depuis le XXᵉ siècle, certains auteurs ont fait du hasard des moteurs de création littéraire. À l’occasion d’une rencontre au Musée, le chercheur Sébastien Wit explorera ces œuvres singulières où lire devient une expérience. Aux côtés de l’écrivaine Mariette Navarro, il invitera le public à découvrir comment ces « romans-jeux » bousculent notre manière de raconter… et de lire.

Les jeux inspirent la littérature depuis toujours : qu’ils soient de hasard ou de stratégie, historiques ou imaginaires, ils sont un moyen pour les auteurs d’explorer la nature profonde de l’être humain. Mais au-delà du récit, les jeux ont pu aussi inspirer un mode d’écriture, ou des formes éditoriales nouvelles renouvelant la façon de lire un texte. Sébastien Wit, agrégé de Lettres Modernes et docteur en littérature comparée de l'Université de La Rochelle, s'intéresse justement à ces modes de création faisant appel au jeu pour produire des œuvres singulières, des ovnis littéraires. 

Il s'est ainsi attaché à cerner la manière dont la littérature du XXe siècle a pu se référer au hasard mis en œuvre dans certaines pratiques ludiques dites divinatoires (tarot, yiking...) pour inventer de nouvelles formes d'écriture et de rapports au lecteur. Dans son livre Romans du hasard (2019), il étudie plusieurs exemples apparus dans les années 1960 : le célèbre roman uchronique de Philip K. Dick Le Maître du haut château, Marelle de Julio Cortázar, un des précurseurs des « livres dont vous êtes le héros », Le Château des destins croisés d'Italo Calvino, suite de récits construits sur des tirages d’un jeu de Tarot, et enfin Composition n°1 de Marc Saporta, roman qui se présente sous forme de pages volantes que le lecteur est invité à battre comme un jeu de cartes. 

Lors cette rencontre, Sébastien Wit poursuivra et partagera cette réflexion en s’intéressant tout particulièrement à Juego de cartas (1964), un autre curieux roman, sous forme de jeu de cartes, dont un des 300 exemplaires originaux est conservé au Musée, et que l’éditeur Quidam projette de publier pour la première fois en français. Dans ce « roman-jeu », son auteur, Max Aub, pose avec humour et ironie les questions existentielles qui le taraudent. Le public pourra, s'il le désire, tenter d’y répondre en expérimentant le dispositif ludique qu’il a imaginé...

Le dialogue se poursuivra avec Mariette Navarro, écrivaine en résidence au Musée, autour de ces modèles de narration non-linéaire qui transforment nos façons de lire et nous invitent à jouer, avec les mots, avec les récits, avec soi, avec les autres. 

Cet événement s’inscrit dans le dispositif des résidences d’écrivain de la région Ile de France.

Le dimanche 12 avril à 16h30, entrée libre, au Musée de la Carte à Jouer