Mis à jour le 27 janvier 2026

Quand la lumière traverse le verre : rencontre avec l’artiste coréen Jeoung-Hee KIM

Dans la continuité du K-Festival qui célébrait en novembre dernier les 20 ans du jumelage avec Guro et la culture coréenne, l’exposition éphémère « Échos du delà » de l’artiste coréen Jeoung-Hee KIM se prolonge au NIDA jusqu’au 11 avril. Rencontre.

Point d’Appui : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir artiste ? 

Jeoung-Hee KIM : Enfant, je n’étais pas attiré par les études, mais à 9 ans, la calligraphie coréenne est entrée naturellement dans ma vie. Elle me correspondait profondément. J’ai ensuite intégré un lycée d’art, puis étudié le verre et la céramique dans une université d’art en Corée. Désireux d’approfondir ma pratique, je suis venu étudier à Strasbourg, puis j’ai poursuivi la sculpture en Belgique et mes recherches artistiques à la Sorbonne. Exposer et créer m’ont conduit, pas à pas, jusqu’ici. 

P.d’A : Quelles sont vos sources d’inspiration ? 

J-H.K : Je trouve aujourd’hui l’essentiel de mon inspiration allongé sur mon lit, au moment de la sieste. Autrefois, j’aimais observer le cours de l’eau et m’imprégner de la nature pour nourrir mon travail. Désormais, c’est dans cet état fragile, entre veille et sommeil, que les idées surgissent. Lorsqu’une pensée apparaît, je la saisis aussitôt en la notant ou en la dessinant sur mon téléphone ou sur une feuille posée près du lit. 

P.d’A : Pourquoi avoir choisi de travailler le verre ? 

J-H.K : J’ai découvert le verre à 20 ans. Ce matériau m’a immédiatement fasciné par sa dualité : à la fois froid, fragile et exigeant une grande précision, il demeure néanmoins solide. Le verre permet de traverser l’image tout en offrant une surface d’expression. Contrairement à d’autres matériaux, il m’a semblé possible d’y construire un langage personnel. Le verre ouvre selon moi un nouveau champ dans la sculpture contemporaine. 

P.d’A : Quel est le fil conducteur de l’exposition éphémère « Échos du delà », élaborée sur-mesure pour le NIDA à l’occasion du K-Festival ? 

J-H.K : “Au-delà” devient un passage vers ce qui se dérobe au visible, là où le hanji* s’érige en membrane vivante recueillant la lumière, le souffle, l’humidité et le murmure du monde. Dans ce royaume de silhouettes, il s’oppose avec douceur à la froide clarté du verre. Ici, les lumières du dedans et du dehors se rejoignent comme des rides glissant sur une surface d’eau immobile, tissant une union secrète. 

*Le hanji est un papier traditionnel coréen utilisé pour la calligraphie et sert également de matériau architectural, notamment comme papier de fenêtre dans les maisons traditionnelles coréennes.  

Entrée libre, au 2e étage du NIDA 
Jusqu’au samedi 11 avril