Mis à jour le 27 janvier 2026

« Montrer » : six histoires d’expositions et de diffusion de l’objet artistique

Dans le cadre du cycle de conférences des Arcades, l’artiste plasticienne Jagna Ciuchta, enseignante à la prestigieuse Ecole nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, vient évoquer le mercredi 4 février, quelques-unes de ses histoires d’expositions.

Point d’Appui : Que vous inspire le verbe « Montrer » en tant qu’artiste ? 

Jagna Ciuchta : Montrer c’est faire un geste pour diriger l’attention de quelqu’un sur quelque chose. Des commissaires m’invitent à faire des expositions pour montrer mon travail. Ces expositions me donnent une forme de pouvoir, je m’en saisis pour rediriger l’attention et montrer d’autres artistes au sein de mes expositions. Je construis des installations, comme des scénographies qui mettent en scène leur travail.  

P.d’A : Pouvez-vous décrire certains de vos matériaux de prédilection et leurs fonctions ? 

J.C : Je choisis mes matériaux pour leur beauté plastique, leur pouvoir évocateur et leur utilité dans mes installations qui est différente de leur fonction initiale. Il m’arrive d’utiliser des châssis de peinture en aluminium pour y présenter des vidéos ou en faire des paravents ; des miroirs déformants pour y voir l’espace, les œuvres et soi-même changer ; des sangles pour leur connotation érotique ainsi que la possibilité de suspendre ou lier littéralement des œuvres entre elles… 

P.d’A : Qu’appelez-vous un « commissariat naïf » ? 

J.C : J’ai écrit ce terme dans une fiction littéraire racontant une exposition imaginaire. Intitulée “Libido of the Forest”, elle montrait, au sein d’un Pavillon de Paille, des œuvres d’une trentaine d’artistes de différentes époques et champs de l’art, comme Sarah Goodridge (XVIIIe siècle), Carol Rama (XXe), Allison Schulnik (XXIe) ou des artistes représentant l’art dit naïf comme Theora Hamblett (XXe). Le terme commissariat naïf y faisait écho à l’art naïf, spontané, franc, fait par pur plaisir et sans prétention. Il a ensuite été emprunté par des critiques d’art pour décrire ma pratique artistique. 

Jagna Ciuchta est l’auteur de la monographie « Je dilaté, images liquides et plantes carnivores » (éd. Mousse Publishing et Bétonsalon, 2024). 

Conférence : Mercredi 4 février, à 19h30, aux Arcades.