Mis à jour le 15 mai 2026

Les livres méritent aussi leurs bijoux

Issy recèle d’artisans insolites et discrets. Parmi eux, Claude Saffar, 69 ans et isséen depuis 30 ans. Son art ? Le bijou de livre, un marque-page doré à l’or fin. Un objet courtisé dans le monde entier et qu’il exposera samedi 30 et dimanche 31 mai, à l’occasion du marché des créateurs organisé par l’Association des Créateurs d’Issy et d’Ailleurs (ACIA) sur l'Esplanade de l’Hôtel de Ville.

Point d’Appui : D’où vous est venue cette idée de bijou de livre ? 

Claude Saffar : C’était il y a 25 ans. Je prenais beaucoup le métro. A l’époque, il n’y avait pas de smartphone et les gens lisaient beaucoup dans les transports. Je les voyais marquer leurs pages avec les doigts, les corner, les abimer. J’ai eu l’idée de créer un marque-page en métal qui se recourbe sur la pliure du livre. Mais le livre étant pour moi un objet noble, j’ai opté pour un objet doré à l’or fin, comme un bijou qui embellisse le livre, d’où son nom bijou de livre. Je me suis formé en autodidacte à la sculpture sur métal, j’ai créé mon premier atelier dans mon garage et j’ai imaginé des thèmes de modèles. J’en ai aujourd’hui 1200.  

P.d’A : Comment est fait cet objet ? 

C.S : La tige est en métal. Je la sous-traite pour ne me consacrer qu’à la création des thèmes. Cette partie est en étain et je la dore à l’or fin 24 carats. Cela reste un objet abordable (autour de 20-30 euros) que l’on peut offrir en cadeau comme on offrirait un bouquet de fleurs. 

P.d’A : Il paraît qu’on a vu vos objets au musée du Louvre… 

C.S : Oui, l’objet a immédiatement rencontré un gros succès. Notamment lors de mon premier salon du livre à Paris en 1996. Puis j’ai eu des commandes du Louvre, du Musée d’Orsay, du Metropolitan Museum of Art de New York, du château de Versailles… Et je suis référencé à la Réunion des Musées nationaux (RMN). Aujourd’hui j’en exporte partout dans le monde et notamment au Japon et en Italie, les plus férus de l’objet. C’est un objet unique au monde car je reste discret et j’ai eu la chance de ne pas être copié. 

P.d’A : Où peut-on les trouver chez nous ?  

C.S : Je vends à des distributeurs, des grossistes, des librairies, des boutiques spécialisées, bref à ceux qui aiment l’objet. J’ai une clientèle de fidèles. Tout récemment, pour le grand public, ma fille Deborah, que je forme à ma succession, a créé un compte Instagram, Opera Libri, et un site de vente en ligne. Elle prospecte aussi pour les placer dans les librairies isséennes. Et je serai au marché des créateurs à Issy-les-Moulineaux fin mai.  

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