Publié le 25 juin 2020

📍 Le street-art pour réinventer la distanciation physique

Deux artistes de l’association isséenne Kobraphobie ont réalisé, le 23 juin dernier, une œuvre en trompe-l’œil, devant l'entrée du Monoprix centre-ville, pour inviter les passants à respecter les consignes sanitaires.

Rendre les signalétiques de distanciation plus ludiques, c’est l’objectif de l’œuvre réalisée en trompe-l’œil par le collectif d’artistes Kobraphobie. Dans un contexte toujours marqué par la crise sanitaire, les habitants sont invités à garder un mètre de distance entre eux. Grand Paris Seine Ouest (GPSO), en partenariat avec la Ville, a souhaité installer une signalétique artistique et insolite pour inciter les riverains à respecter la distanciation physique.

En l’espace d’une journée, les artistes ont réalisé une fresque de plusieurs mètres de long à l'aide d’une peinture acrylique, pinceaux, pochoirs, rouleaux, sprays et marqueurs.

On peut y distinguer le cheminement d'une rivière, un décor verdoyant peuplé de fleurs et d’arbres, et au-dessus des planches de bois à un mètre les unes des autres qui matérialisent la distance physique pour les clients du Monoprix dans la file d'attente.

La fresque évoque un environnement naturel et apaisant, une forme de paradis porté par des couleurs douces, des touches délicates et des effets d’ondulation. Un univers singulier qui permet de revisiter autrement les consignes de distanciation physique. Plus qu’une simple décoration, cette œuvre peut ainsi susciter la curiosité des passants et atténuer l’impression de contrainte associée à la distanciation. « Je pense que l'on peut faire en sorte que certaines contraintes soient plus agréables en les rendant ludiques et attractives », explique Vincent Elleaume, aka Sir Kob, fondateur de l’association Kobraphobie.

Au début du déconfinement, Kobraphobie avait déjà réalisé une œuvre en trompe-l’œil devant une école à Marnes-la-Coquette, inspirée du Monde de Némo. Elle proposait un univers enfantin avec des poissons, tortues et méduses via des planches éloignées les unes des autres pour marquer la distanciation.

Kobraphobie, un acteur majeur du street-art à Issy

Le street-art occupe une place particulière sur la scène culturelle à Issy, que ce soit par le festival Issy Art dont la prochaine édition se déroulera en septembre ou par la réalisation de fresques durant l’année. Créé en 2005, le collectif d’artistes Kobraphobie est l’un des acteurs clés de l'art urbain isséen, créant des œuvres et fresques réalisées notamment sur les quais en avril 2019.

Artiste touche-à-tout, Sir Kob est passionné depuis toujours de dessin. « Je dessine depuis que l'on m'a mis un crayon dans les mains ! L'univers de la bande dessinée et du jeux vidéo m’ont beaucoup inspiré durant mon enfance », précise-t-il.

Il débute sa carrière artistique en 1995 dans le hip-hop et le tag, avant de se passionner pour le beatmaking (compositions instrumentales pour le hip-hop). Polyvalent et multifacettes, il mêle musique, dessin et peinture dans la réalisation de ses œuvres. En 2005, il créé le collectif Kobraphobie qui devient une association culturelle en 2008, installée sous les Arches d’Issy.

Elle a su rassembler les générations autours du plaisir créatif, de l’apprentissage des techniques et du partage des cultures à travers de multiples événements et fresques.

L’association organise également des ateliers et des cours de dessins pendant les vacances scolaires à partir de 8 ans. Les cours sont constitués de huit personnes maximum, afin que chaque élève ait un suivi personnalisé. « L'animation auprès des jeunes m'a toujours plu : j'aime transmettre mon savoir à la nouvelle génération. L'art est une échappatoire, un moyen puissant de s'exprimer », déclare Sir Kob.

Elle propose aussi à la vente des tableaux et de multiples activités : peintures murales (décors d'intérieurs chez des particuliers ou restaurants) mais aussi des animations (anniversaires, team-building).

Les jeunes peuvent s'inscrire à des stages de vacances, ou même suivre des cours à l'année, via les fiches d'inscriptions sur le site du collectif et sur Instagram.