Mis à jour le 13 juillet 2021

📻 La radio fête ses 100 ans : une histoire isséenne

Qu’elle informe, distrait, ou lance des appels à résister, la Radio a toujours été complice de l’Histoire. Elle fête cette semaine ses 100 ans avec une programmation spéciale.

Une semaine pour fêter la radio

Du 31 mai au 6 juin, la radio fête ses 100 ans avec un programme de festivités et d'animations en France et en Outremer.

Au programme :

  • Des débats et tables rondes ;
  • Des programmations spéciales consacrées à la grande histoire de la radio ;
  • Des ateliers d’éducation aux médias et à l’information ;
  • La web série de l’INA «Bonnes ondes » : 6 épisodes diffusés sur France Télévisions pour revivre les grands moments - sportifs, musicaux, politiques, sociétaux, scientifiques, intimes - qui ont marqué l’histoire des ondes depuis 100 ans ;
  • Des projets portés par les radios et les comités territoriaux de l’audiovisuel (CTA) :
  • « Radio raconte-moi ton histoire », un podcast historique et futuriste sur les radios locales (CTA de Bordeaux) ; un club radio sur l’histoire de la liberté d’expression en FM à la Réunion (CTA de la Réunion) ; une journée portes-ouvertes des métiers de la radio (CTA de Toulouse), etc. ;
  • Des émissions en direct ;
  • Des expositions ;
  • La découverte des coulisses et des métiers de la radio ;
  • Des concerts.

Tout le programme est à découvrir sur le site dédié www.fetedelaradio.com.

Issy-les-Moulineaux et la Radio

Premier média audiovisuel à s'installer à Issy-les-Moulineaux, le groupe Canal + emménage Place du Spectacle. Il y installe également ses filiales, CNews, C8, CanalSat. Les rejoindront ensuite dans notre ville Arte, France24, RFI, pour n’en citer que quelques-unes, faisant d’Issy la capitale de l’audiovisuel. Une école s'installe également et forme depuis 35 ans à tous les métiers de la radio. En 2021, le groupe 1981 installe ses 10 radios dans la ville. Radio Millesime, une web-radio de proximité à destination des seniors, prend aussi ses quartiers à Issy.

Ecole STUDEC

Pour célébrer ce centenaire, la principale école des métiers de la radio Studec (Studio École de France) à Issy-les-Moulineaux accueillera cette semaine de nombreux invités.  Au programme : l’histoire de la radio - le 40ème anniversaire de la libéralisation des ondes - l’évolution de la liberté d’expression - l’humour à la radio - les radios associatives - les radios indépendantes et les réseaux locaux - la place des femmes en radio - les grandes voix masculines - l’évolution des mornings - le pouvoir de la radio sur la musique - le CSA et son rôle - l’avenir de la radio.

Émissions que vous pourrez notamment écouter sur STUDEC WEB

RFI : Radio France Internationale

RFI est une radio française d’actualité, diffusée mondialement en français et en 15 autres langues*, via 156 relais FM, en ondes moyennes, en ondes courtes, sur une trentaine de satellites à destination des cinq continents, sur Internet et applications connectées, et compte plus de 1400 radios partenaires qui reprennent ses programmes. Le groupe s’est installé à Issy en 2011 à coté de France 24.

Le groupe 1981

Du 31 mai au 6 juin prochains, les radios du Groupe 1981 se mobilisent pour une semaine spéciale autour des 40 ans de la FM pour que les auditeurs puissent revivre ou redécouvrir l’histoire de leurs radios préférées et d’une épopée qui a révolutionné la radio... Avec ses 10 radios (BlackBox, Forum, Latina, OÜI FM, Radio Life, Collector Radio, Swigg, Vibration, Voltage et Wit FM), le Groupe 1981 offre à ses auditeurs des radios thématiques ou de proximité aux formats originaux et complémentaires.  Présent en diffusion hertzienne et numérique, le Groupe est un acteur de premier plan dans le déploiement de la radio numérique terrestre (dab+). Le groupe déménage dans de nouveaux locaux à Issy-Les-Moulineaux cet été.

Radio Millesime

Première radio de proximité destinée aux seniors âgés de plus de 75 ans, Millésime radio est disponible en ligne depuis le 15 mars dernier. Pour y accéder, il faut saisir un code. Les Isséens de 75 ans et plus ont été informés par courrier ou par e-mail de l’arrivée de la nouvelle radio à Issy-les-Moulineaux. Elles ont également reçu le lien et le code d’accès confidentiel pour l’écouter. 

Une émission "radiotéléphonique" à la tour Eiffel
© D.R. - Une émission "radiotéléphonique" à la tour Eiffel. En haut de gauche à droite, au premier plan : le chanteur Noté, Yvonne Printemps, Sacha Guitry, P. Laffont (sous-secrétaire d'état aux PTT) et le Général Ferrié.

Retour sur l'histoire de la radio

Un outil au service des militaires

Gustave Eiffel, dévoué à trouver une utilité scien-tifique à sa Tour, pour garantir sa pérenni-té au-delà de l’exposition universelle de 1889, s’intéresse à la télégraphie sans fil (TSF). Cette technique de transmission de signaux, se développe dans les années 1890. En 1898, de premières expériences de liaisons radio en morse sont réalisées depuis la Tour Eiffel. Un émetteur est installé sur les lieux et des connexions avec Londres sont établies l’année suivante. Ces avancées, suscitent l’intérêt de l’autorité militaire. Celle-ci charge le polytechnicien Gustave Ferrié, de mener des expériences de liaisons radio. En 1900, il publie un ouvrage sur la télégraphie militaire et perfectionne en 1903, les appareils de réception. Soutenu par Gustave Eiffel, qui finance l’installation au sommet de la Tour d’un support d’antenne, permettant de tendre un câble entre la structure et le Champ-de-Mars, Gustave Ferrié poursuit ses expériences. Installé dans un baraquement au pied du pilier sud, il parvient à communiquer avec des bases militaires de plus en plus lointaines (jusqu’à 6 000 kilomètres en 1908). En 1909, une station permanente est amé- nagée sous le Champ-de-Mars et la concession de Gustave Eiffel est prolongée l’année suivante pour une durée de 70 ans : la Tour Eiffel est sauvée ! Alors qu’éclate la Première Guerre mondiale, les Alliés font de la radio un outil stratégique. Depuis la Tour Eiffel, ils captent nombre de messages émis par l’ennemi, déchiffrent les télégrammes, contrent des assauts, et démasquent même des espions et espionnes, comme la célèbre Mata Hari.

1921 : La création de Radio Tour Eiffel, la première radio française destinée au grand public

Après des années au service des militaires, la Tour Eiffel se dote, en 1921, d’un émetteur civil et d’une station de radiodiffusion. Le 24 décembre 1921, la première émission de Radio Tour Eiffel est diffu-sée, pour le plaisir de quelques auditeurs équipés de postes à galène*.Bulletins météo, émissions d’actua- lités ou musicales, pendant 20 ans, Radio Tour Eiffel diffuse quotidiennement une programmation variée. Des célébrités de l’époque, telles que Sacha Guitry ou Yvonne Printemps sont conviées. Aujourd’hui encore, avec ses 48 panneaux d’antennes, la Tour Eiffel demeure le principal moyen de diffusion de la radio en Île-de-France dans un rayon de 80 km.

naissance de radio verte
Mars 1977 - Naissance de « Radio Verte » lancée par le mouvement écologiste « Les Amis de la Terre »
Source : 100 ans de radio

Les 40 ans de la libération de la bande FM

Les années 1970 : La décennie des radios pirates

Depuis 1945, l’État détient un monopole sur l’audiovisuel. Le paysage radiophonique est très encadré et peu diversifié. Aux antennes du service public, seules à pouvoir utiliser les modulations de fréquence, s’ajoutent quelques radios « périphériques » (Europe 1, RMC, RTL) qui émettent en dehors des frontières hexagonales et bénéficient d’un peu plus de libertés.

Au milieu des années 1970, porté par le mouvement de Mai 1968, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la fin de l’emprise de l’État sur les radios et télévisions. À l’instar d’expériences étrangères comme « Radio Caroline », la célèbre radio pirate britannique, des initiatives françaises de radios libres commencent à voir le jour. Ces radios - locales pour la plupart car limitées par leur technologie - sont engagées et alternatives. La plus connue d’entre elle, la radio écologiste « Radio Verte » est diffusée pour la première fois le 13 mars 1977. Quelques jours plus tard, le 20 mars, Brice Lalonde, militant écologiste, est invité sur TF1 à l’occasion du second tour des élections municipales. Il brandit alors un transistor et fait entendre la radio sur le plateau. En réalité, c’est son ami Antoine Lefébure qui actionne discrè- tement un magnétoscope depuis le public.

Cet événement a un fort retentissement médiatique. « Radio Verte » devient la première station pirate à émettre ouvertement et en toute illé- galité. Un an plus tard, en 1978, une quinzaine de radios pirates émet sans autorisation.

1981 : L’année de la libération des ondes

Après des années de contrôle de la radiodif- fusion et de tentatives de brouillage des radios illégales, une loi marque un tournant pour la libé- ration des ondes. Sous la présidence de François Mitterrand, la loi du 9 novembre 1981 prévoit des dérogations au monopole d’État pour les radios locales privées associatives. Les stations peuvent désormais émettre en modulation de fréquence, mais sans diffuser de messages publicitaires. C’est le premier pas vers la libéralisation de la radio et la régularisation de toutes les radios qui émettaient illégalement.

La fin du monopole d’Etat sur la radiodiffusion crée un véritable enthousiasme dans le secteur. Des dizaines de nouvelles stations de radios privées locales se créent. Cette explosion de l’offre pose des problèmes d’ordre techniques et économiques. La bande FM est saturée et les stations qui doivent se financer sans publicité se sentent condamnées à l’amateurisme. En 1984, la publicité est finalement autorisée et offre aux stations de nou- velles sources de financements. Deux ans auparavant, la création de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, a permis de réguler le secteur, en se chargeant d’attribuer les fréquences de la bande FM et de garantir l'indépendance du service public de la radio- diffusion et de la télévision. Remplacée par la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL) en 1986, l’organisme laisse, en 1989, place au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Le DAB+ : la radio de demain

Le DAB+ est l’une des plus grandes évolutions technologiques du secteur. En utilisant le réseau de diffusion hertzien terrestre, le DAB+ offre des bénéfices majeurs, aux audi- teurs comme aux radios. Technologie de modulation et de transmission numériques de la radio, le DAB+ fonctionne de pair avec le mode de diffusion en FM. Il répond ainsi aux enjeux de saturation du réseau FM tout en apportant les bénéfices technologiques d’un service numérique. Pouvant être captée en voiture, à la maison ou au bureau, la radio en DAB+, couvrira d’ici fin 2022, 50 % de la population française. Aussi révolutionnaire que la TNT pour la télévision, le DAB+ est la radio du futur.

sources : www.fetedelaradio.com

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