La neutralité journalistique en débat : William Irigoyen plaide pour l’honnêteté du métier
Organisée le 9 mars dernier au Press Club de France, la rencontre avait pour objectif d'échanger sur un sujet central pour la compréhension de l’information : la neutralité journalistique est-elle un idéal atteignable ou une illusion professionnelle ? L’initiative est menée en partenariat avec la Ville d’Issy-les-Moulineaux, le CLAVIM, le CCAS et Issy Tourisme International, dans le cadre d’une démarche de sensibilisation du public au fonctionnement des médias et aux mécanismes de fabrication de l’information.
Dès l’ouverture, William Irigoyen a posé le cadre du débat. Pour lui, la neutralité journalistique au sens strict relève davantage d’un horizon théorique que d’une réalité opérationnelle. « Je n’y crois pas du tout à la neutralité journalistique », affirme-t-il. La responsabilité du journaliste ne consiste pas à effacer toute subjectivité mais à garantir la véracité des faits. « Ce que je vous dois, c’est la véracité des faits. » La méthode repose sur une exigence simple : vérifier les informations, recouper les sources et assumer l’angle choisi pour traiter un sujet. Le journaliste insiste également sur une exigence professionnelle fondamentale : accepter la confrontation avec des points de vue opposés. Le métier impose d’aller vers ceux avec lesquels on est en désaccord, afin de comprendre leurs arguments et de les restituer dans leur contexte.
Une large partie de l’intervention a porté sur les transformations du paysage médiatique. William Irigoyen critique la logique de flux qui domine les chaînes d’information en continu. La multiplication des plateaux et la pression de l’audience favorisent l’intervention d’experts omniprésents, capables de commenter des sujets très différents d’un jour à l’autre. Il parle d’« expertologues » ou de « toutologues », invités surtout pour leur aisance à l’antenne.
La conférence a enfin abordé la dimension pédagogique du journalisme. Informer ne consiste pas seulement à rapporter des faits mais à fournir au public les clés pour comprendre l’actualité. « L’information, c’est de l’éducation », souligne William Irigoyen. Dans un contexte marqué par la désinformation et la guerre de l’information, cette exigence reste essentielle.