Jean-Marie Mouail, le gendarme-apiculteur
Point d’Appui : Gendarme-apiculteur à la DGGN, c’est peu commun comme profession…
Jean-Marie Mouail : Je suis avant tout gendarme (rires), présent depuis 20 ans à Issy-les-Moulineaux. Je suis affecté au casernement, c’est-à-dire à la gestion de 1300 logements pour nos personnels sur notre bassin proche (Issy, St Cloud, Boulogne…), ça fait du travail. L’apiculture, en fait, n’était au départ qu’un projet pour ma retraite. J’ai toujours été attiré par la nature, la biodiversité. Puis il y a quelques années, la DGGN a décidé de poursuivre son investissement dans le développement durable et la préservation de la biodiversité en installant six ruches sur le site. L’idée de départ était de former des gendarmes à l’apiculture pour qu’ils puissent ensuite, une fois affectés dans d’autres régions, reproduire l’expérience et essaimer ces ruches partout en France et contribuer ainsi à la préservation des abeilles. La DGGN a créé une association interne, dirigée par Stéphane Kouyoumdjian, chargé de projet développement durable. Et nous nous sommes mis à faire du miel.
P.d’A : Et vous vous êtes pris de passion pour les abeilles…
J-M.M : Oui, c’est une société fascinante – entre nous on appelle ça des « compagnies », comme dans notre jargon (rires). Sans abeilles, il n’y a plus de pollinisation, plus de fruits, plus de légumes. Il est primordial de les protéger. Et elles sont fascinantes à regarder vivre et travailler. On en apprend tous les jours à les observer. J’ai tellement aimé ça que j’ai aujourd’hui 20 autres ruches à titre privé installées à Malakoff et Arcueil.
P.d’A : Que faites-vous du miel de la gendarmerie ?
J-M.M : D’abord précisons que ce miel est excellent. Une partie est réservée aux membres de l’association, aux collègues gendarmes et à leurs familles. Nous organisons en interne des ventes de petits pots et tout part en une journée ! Mais nous en vendons aussi à l’Office de tourisme d’Issy-les-Moulineaux et nous participons à la Journée de l’Animal en ville d’Issy-les-Moulineaux comme le mois dernier où j’ai tenu le stand dans le parc Jean-Paul II.
Issy veille sur ses abeilles de ville
Que ce soit avec les six ruches sur le toit du Musée, les deux « ruches cheminées » visibles à l’Espace Jeunes Anne Franck ou encore les cinq installées au Palais des Sports, la Ville encourage et participe depuis longtemps à la protection de ses abeilles de ville. « Il y a cinq ans, nous avons recensé cinq races différentes d’abeilles à Issy. C’est extrêmement rare d’en trouver autant en milieu urbain, explique Didier Guépéroux, apiculteur isséen professionnel en charge des différentes ruches mentionnées ci-dessus. Ce sont des races d’abeilles dites « douces », c’est-à-dire non agressives pour l’humain. Et leur miel est d’une qualité exceptionnelle. »
Une qualité favorisée par un environnement favorable, avec la présence massive de tilleuls et d’acacias qui lui donnent un goût si particulier, ainsi que d’innombrables fleurs de balcons et de parcs. Un miel si bon qu’il reçoit chaque année des prix dans les concours où il est inscrit. Et que l’on peut déguster en se rendant un samedi tous les 15 jours sur le marché Sainte Lucie où Didier le vend sur son stand du Rucher des Veilleries. « Mais, depuis trois ans, les abeilles sont menacées d’extermination par les frelons asiatiques qui déciment nos essaims à 90% chaque année. En 8 jours, j’ai eu 40 000 abeilles tuées. », prévient Didier Guépéroux, qui travaille à chaque arrivée de printemps à la pose de pièges à frelons afin que nos abeilles ne disparaissent pas complètement de la ville.