Jean Dubuffet et le Musée : une longue histoire !
Jean Dubuffet fait son entrée dans les collections du musée en 1988, année de l’inauguration de la Tour aux figures. Le Musée acquiert alors auprès de la prestigieuse galerie Jeanne Bucher le jeu de cartes l’Algèbre de L’Hourloupe, 52 figures extrapolatoires. Il s’agit de la seconde édition du jeu conçu par Jean Dubuffet, éditée en mars 1968 par la galerie Jeanne Bucher à Paris et Beyeler à Bâle. Le célèbre maître cartier Baptiste-Paul Grimaud en a réalisé l’édition française. En 1995, le Musée enrichit sa collection en acquérant la première édition du jeu (1967) intitulée la Banque de L’Hourloupe, cartes à jouer et à tirer, imprimée en sérigraphie et réalisée avec les éditions londoniennes Alecto. Cette acquisition auprès d’un marchand anglais avait été appuyée par Armande Ponge de Trentinian, alors directrice de la Fondation Dubuffet, témoignant déjà de la relation étroite entre le Musée et la Fondation.
Les deux éditions ont été élaborées à partir des mêmes dessins originaux réalisés au marqueur par Jean Dubuffet entre 1964 et 1967. Il en a sélectionné cinquante-deux sur près de cent soixante afin de correspondre au jeu de cartes traditionnel français. Les cartes arborent chacune sur leur face une figure différente, réalisée dans une palette de couleurs limitée : bleu et rouge sur fond noir, alternant aplats et hachures, selon le graphisme propre à L’Hourloupe. Le dos des cartes est constitué d’un motif unique et porte un numéro encadré suivi de l’intitulé de chaque carte. De « L’Arbre » à « La Ballerine » en passant par « La Cafetière » ou « « Le Farceur », elles constituent le mode d’emploi d’une nouvelle langue accompagnant L’Hourloupe.
Enfin, le Musée possède une maquette du Gastrovolve imaginée pour l’intérieur de la Tour aux figures (voir p30), entrée dans les collections deux ans après l’installation du Musée dans son écrin de la rue Auguste Gervais en 1997 grâce à un dépôt de la Fondation Dubuffet. Cette pièce rappelle l’importance du peintre de L’Hourloupe dans le paysage isséen depuis 1998.