Publié le 27 mai 2021

Handisport : Cinq athlètes de l’Avia Club aux championnats d’Europe

L’Avia Club Athlétisme sera fortement représenté aux championnats d’Europe World Para Athletics qui se dérouleront en Pologne du 1er au 5 juin.
Nantenin Keita et Trésor Makunda

Cinq athlètes de la section Handisport rejoindront Bydgoszcz, du 1er au 5 juin. Malgré une situation sanitaire compliquée depuis un an, tous ces sportifs ont montré une vraie volonté de se dépasser pour pouvoir atteindre leurs objectifs. Après ces championnats, il y aura les sélections pour les prochains Jeux Paralympiques à aller chercher. Afin de mieux les connaître, Point d’Appui dresse un portrait de ces cinq athlètes sélectionnés.

Nantenin Keita, 400 mètres  

Athlète de haut niveau et fille du grand musicien malien Salif Keitan, Nantenin Keita est ambassadrice des droits des personnes atteintes d’albinisme. L’humain est une ressource essentielle pour elle, elle en a fait son métier. Côté performances, Nantenin est là aussi au rendez-vous : elle a été médaillée à Pékin en 2008, Londres en 2012 et Rio en 2016. 

Elle a marqué les esprits lors de la session du Comité Olympique International à Lima, au Pérou, le 13 septembre 2017, date où Paris s’était vu attribuer les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. « La différence a toujours fait partie de ma vie, avait-elle lancé à l’assemblée. Je suis albinos et malvoyante. Mais aux Jeux, je suis une athlète. Parce qu’aux Jeux, il y a autant de pays que de handicaps. Aux Jeux, la différence à toute sa place. Aux Jeux, la différence est une force. » 

Trésor Gauthier Makunda, 400 mètres   

Né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, Trésor Makunda arrive en France à l’âge de 12 ans. Il intègre un cursus sport-étude en athlétisme, et est sélectionné en équipe de France, à 19 ans, pour les Championnats du Monde, qui se déroulent à Lille en 2002. Malheureusement, n’ayant pas obtenu sa naturalisation à temps, il ne peut participer à cette compétition. 

Ce problème résolu, il est à nouveau sélectionné en 2004 pour les Jeux Paralympiques d’Athènes, sa première compétition internationale, où il obtient une médaille d’argent sur 100 mètres. Pour les deux autres éditions des Jeux, il remporte trois autres médailles paralympiques (médailles de bronze en 100 mètres et en 4x100 mètres relais à Pékin, médaille de bronze sur 400 mètres à Londres). Trésor Makunda est accompagné de son guide Lucas Mathonat depuis l’automne 2019.  

Lucie Razet, 400 mètres  

Malvoyante depuis l’âge de 11 ans, Lucile Razet, étudiante au CFRP de l'association Valentin Haüy, a fait partie des cinq sportifs du collectif France à représenter le drapeau tricolore au Championnat du Monde Junior d’athlétisme paralympique à Notwill, en Suisse, pour les épreuves des 100, 200 et 400 mètres. A 17 ans, elle est sacrée vice-championne du monde junior sur l’épreuve du 400 mètres en parcourant la distance en seulement une minute, cinq secondes et soixante-six centièmes. 

En deux ans, elle a gravi les échelons et se retrouve maintenant à l’INSEP. Une manière pour la sprinteuse malvoyante de mieux accepter son handicap. Grâce à son moral d’acier et des entraînements quotidiens, la graine de championne fait une entrée remarquée dans la compétition professionnelle, avec en ligne de mire les Jeux de Rio, mais aussi ceux de Paris en 2024.  

Clavel Kayitare, 100 mètres  

Né au Rwanda, Clavel Kayitare fuit son pays d’origine durant la période du génocide, période sombre qui lui a personnellement coûté la mobilité de sa jambe, à cause d’un éclat de grenade. C’est sous les couleurs de la France que Clavel a remporté deux médailles paralympiques, en 2004 à Athènes (sur 100 et 200 mètres). Ayant participé déjà à 3 éditions de la compétition olympique, Clavel Kayitare est clairement tourné vers la prochaine échéance de Tokyo.

Clavel Kayitare et Lucie Razet
Clavel Kayitare et Lucie Razet

Paul Barbant, 400 mètres  

Jeune sprinteur malvoyant (sa cécité est constatée à l’âge de 4 ans), Paul Barbant est né à Lyon. Jeune espoir de l’athlétisme (il en fait depuis 5 ans maintenant), il a besoin de faire ses preuves. C’est en septembre 2020 qu’il déménage à Paris pour ses études faites à l’université de Paris-Nanterre. Il est licencié à l’Avia Club, notamment pour avoir la chance de s’entraîner à l’INSEP aux côtés des plus grands. Son objectif principal, il l’exprime clairement : « Les Jeux Paralympiques de Paris en 2024 ! Ceux de 2021 ça risque d’être compliqué, mais j’y crois pour Paris » affirme-t-il. Pour ça, il a besoin de se qualifier, et d’abord de passer par le championnat d’Europe.