Foot féminin : nouvel envol pour les Chouettes
Ne les appelez plus GPSO 92 ! A l’avenir lorsque vous entendrez parler des Chouettes d’Issy-les-Moulineaux ce sera sous l’appellation « Paris So Cœur », nouveau nom du 3e club de foot de la Ville, avec le FC Issy et l’AS Ararat, mais le seul à être 100% féminin. Prononcez ce nom à voix haute et vous y décèlerez un jeu de mot qui cache de grandes ambitions : soccer, le terme qui désigne le foot aux Etats-Unis.
« Notre relégation en Régionale et des changements de partenaires nous ont ouvert la possibilité de rebâtir un projet global pour mieux remonter vers l’élite, raconte David Valcke, président de Paris So Cœur depuis 2022. Nous avons sondé nos footballeuses sur leurs envies, sur l’image qu’elles avaient envie de renvoyer d’elles, du club et de leur discipline. Nous souhaitions ne plus nous afficher comme un banal « Football Club… » féminin, très conventionnel, avec ses stéréotypes, mais intégrer à notre nom une image de marque, comme cela se fait aux Etats-Unis. Une marque qui permette de diversifier et d’élargir notre image au-delà de la pratique même. »
Né en 1997 puis installé en 2012 dans l’élite, entre D1 et D2, jusqu’en 2020, le Football Féminin Issy-les-Moulineaux comme il s’appelait à ses débuts, puis rebaptisé GPSO 92, est aujourd’hui redescendu en Régionale. « C’était l’occasion de tout remettre à plat pour repartir vers de nouveaux objectifs, poursuit le président. A commencer par une remontée en Division 3 et viser plus haut par la suite pour faire rayonner à nouveau la Ville, comme à l’époque où sur TF1, pendant la Coupe du Monde de football féminin 2023, les commentateurs vantaient à l’antenne les exploits de Deneisha Blackwood, une joueuse Jamaïcaine plusieurs fois citée comme venant du club d’Issy-les-Moulineaux. »
Mais au-delà de l’aspect purement sportif, le Paris SO Cœur a des ambitions plus sociétales pour ses joueuses. « Les femmes ne peuvent pas vivre du foot féminin. Le salaire moyen en Division 1 est d’environ 2200 euros, explique David Valcke. Je vous laisse imaginer dans les divisions inférieures. Le foot doit donc leur apporter autre chose, un moyen de s’affirmer et de s’épanouir dans leur vie personnelle ou professionnelle. En créant par exemple une catégorie « Foot Loisir Santé ». Nous souhaitons aussi attirer les joueuses étrangères qui viennent s’installer à Issy pour le travail par exemple, pour favoriser leur intégration, créer du lien. »
Un projet dont bénéficiera à la rentrée près de 300 licenciées, que l’on retrouvera dès le mois d’octobre pour Octobre Rose ou encore à Noël avec des projets de vente de chaussettes les « Paris SOcket ». « Et peut-être qu’un jour, comme le PSG, on appellera nos Chouettes le PSO ou le PSOC, comme le LOSC de Lille », sourit le président, curieux de voir comment le public adoptera son nouveau Paris SO Cœur.