Didier Guépéroux : « Le miel d’Issy est un miel d’exception »
Point d’Appui : Depuis combien de temps êtes-vous apiculteur ?
Didier Guépéroux : Cela va bientôt faire 20 ans. J’ai débuté en tant qu’amateur au Jardin du Luxembourg, en suivant une formation annuelle. Et je me suis pris de passion. Puis j'ai passé deux ans comme ouvrier apicole où j’ai appris à travailler avec 2 500 ruches. J’en ai fait mon métier depuis une dizaine d'années.
P.d’A : Quand avez-vous installé vos ruches au Musée de la Carte à Jouer ?
D.G : Cela fait un peu moins de 10 ans. Cette ville a l’avantage d’avoir une flore riche et variée tout au long de l’année. Après une étude pour déterminer la localisation la plus adaptée pour les ruches, j’ai proposé de les installer sur le toit du Musée et à divers endroits d’Issy-les-Moulineaux, comme l'Espace Jeunes Anne- Franck ou sur l'île Saint-Germain. Grâce au soutien du Musée et de la Ville, aujourd’hui, il y a six ruches au Musée et une vingtaine répartie dans la commune.
P.d’A : L'apiculture urbaine est-elle saisonnière ?
D.G : Je fais deux miellées par an, au printemps et en juin, avec du tilleul, de l’acacia et du châtaignier. Après, il fait trop chaud. En période de froid, les abeilles hivernent mais restent actives en consommant le miel qui est en bas de la ruche, que je prends soin de ne jamais toucher.
P.d’A : Y’a-t-il des races d'abeilles différentes que l’on soit en ville ou à la campagne ?
D.G : Quand je suis arrivé à Issy, j’ai remarqué qu'il y avait à peu près quatre à cinq races d'abeilles différentes. C’est exceptionnel par rapport à la campagne, où il y a une à deux espèces au maximum.
P.d’A : Le miel d’Issy a-t-il une signature particulière ?
D.G : C’est un miel d'exception ! Il est composé généralement par un mélange de tilleul et d’acacia, apportant cette couleur jaune et cette texture très liquide. Ces trois dernières années, on a remporté plusieurs médailles agricoles avec le miel de tilleul et un miel d’été liquide. Ce miel n’existe quasiment nulle part ailleurs.
P.d’A : Mais aujourd’hui les abeilles sont en danger…
D.G : Oui, principalement menacées depuis quelques années par les frelons. Je suis constamment obligé de protéger et refaire les ruches. Un nid de frelons donne en moyenne 150 à 200 reines frelons qui s’éparpillent dans la nature. Même s’il ne reste que 10 à 20% de cette population, ça demeure énorme. Si l’on prend 10 reines frelons, elles vont faire 10 nouveaux nids de 5000 à 6000 frelons.