Publié le 13 juillet 2021

🐑 Comment l'écopaturage contribue à la lutte contre le changement climatique

Comme tous les ans, les moutons du talus Garibaldi ont été dépouillés de leur laine hivernale. Cette tonte est l'occasion de sensibiliser aux cycles de la nature et de rappeler le rôle des animaux dans la lutte contre le changement climatique.

Depuis plus de dix ans, des moutons d’Ouessant broutent le talus Garibaldi. Ce talus de voie ferrée a été aménagé en 2010 pour y pratiquer une gestion pastorale. Débroussaillage, pose de clôtures, réalisation d’un point d’eau, installation d’abris et ensemencement ont été réalisés afin de confier la tonte des zones herbacées à un troupeau de moutons. Sur le plan didactique, des panneaux fixées sur la clôture expliquent aux riverains et aux enfants en quoi consiste le pâturage écologique. Une partie des moutons profite également (par rotation de 6 à 8 semaines) des prairies du Séminaire Saint-Sulpice à des d’entretien par le pâturage. 

L’éco-pâturage a un impact évidemment positif sur nos émissions de CO². On pense bien évidemment à la pollution émise par l’utilisation des machines, mais l’entretien motorisé engendre d’autres nuisances moins visibles. De la fabrication des machines aux impacts sur la biodiversité lors de la tonte, du transport des déchets verts aux nuisances sonores, la gestion des espaces verts … n’est pas toujours respectueuse de l’environnement.  

Le matériel thermique impacte également la qualité de l’air : une tondeuse 2 temps émet autant de polluants dans l’atmosphère que 40 voitures ! Même si ce type de moteur est de plus en plus remplacé par des moteurs 4 temps, moins polluants, certaines études estiment, comme au Canada par exemple, que 3 à 5 % de la pollution de l’air serait dû au matériel de jardinage ! 

Cette tonte sans essence participe aussi au respect de la biodiversité. Une gestion judicieuse permet de maintenir une flore diversifiée, selon les préférences alimentaires des animaux. Par ailleurs, leurs déjections génèrent des substrats qui favorisent l’hétérogénéité des espèces du site. 

Des recherches vont jusqu’à estimer qu’une prairie pâturée stocke plus de carbone qu’une prairie fauchée et que ce stockage de CO2 compense les émissions de méthane des animaux. 

Au-delà des actions nécessaires pour le climat, l’éco-pâturage a permis à la race des moutons d’Ouessant d’être préservée. En effet, cette race, la plus petite du monde, était menacée car elle n’est pas élevée pour sa viande. En revanche, elle s’adapte à tous les types de terrains, qu’ils soient pentés ou accidentés et surtout, elle est idéale pour les petites surfaces. Il ne restait de 486 animaux en 1977 contre plusieurs milliers aujourd’hui, selon Les Amis du Mouton d’Ouessant

Enfin, l’intégration de moutons, de chèvres… en milieu urbain recrée des liens entre les hommes et les animaux et permet d’assurer une communication positive autour de la gestion des espaces verts publics. Toutes les classes sociales et tous les âges peuvent se retrouver autour des animaux. Des liens intergénérationnels et interculturels se tissent. L’animal peut devenir une motivation de promenades et de rencontres. 

C’est d’ailleurs en observant cela que la Ville a décidé de créer une ferme pédagogique dans le parc Henri Barbusse. Les Bergeries d’Issy invite ainsi petits et grands à rejoindre ses moutons, chèvres, poules, cochons, lapins, et à prendre part à des ateliers créatifs et pédagogiques.  

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Le regard du mouton, la tondeuse écologique par Pauline Frileux