Publié le 5 octobre 2021

Carlos Moreno : Ce dont nous avons besoin, c'est le pouvoir d’imaginer nos lieux de vie !

C’est devant une salle pleine que le chercheur Carlos Moreno, inventeur du concept de “Ville du quart d’heure”, est venu présenter son dernier livre, Droit de Cité, en salle multimédia de l’Hôtel de Ville, le 20 septembre dernier.

La conférence était organisée dans le cadre des ”Conversations citoyennes” d’Issy-les-Moulineaux, exercice de démocratie participative qui a mobilisé 20% des foyers isséens à l’automne 2020, et qui va prendre la forme d’ateliers participatifs pour réfléchir ensemble à la Ville de demain. En amont de ces ateliers, qui auront lieu les 18 octobre et 15 novembre prochains sur les thèmes des mobilités et du cadre de vie, André Santini a souhaité inviter des experts reconnus dans leur domaine pour éclairer les réflexions du public. 

C’était le cas avec le chercheur Carlos Moreno, professeur des Universités, co-fondateur et directeur scientifique de la chaire « Entrepreneuriat, Territoire, Innovation » de l’Université Panthéon Sorbonne, qui précède Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain et auteur de l’ouvrage Le défi urbain, retrouver le désir de vivre en ville, mercredi 20 octobre. 

Expert international reconnu des villes, Carlos Moreno a rappelé qu’« il n’y a pas de ville idéale. Elle sera toujours en travaux, en développement, en réparation. Elle sera imparfaite, quelle que soit la qualité de la vision de ses dirigeants ». Et de citer Baudelaire qui écrivait dans Les fleurs du Mal que « la forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel ». Une analyse partagée par André Santini qui a souligné que, “comme un palimpseste gratté et retravaillé en permanence, les villes doivent s’adapter constamment à des évolutions rendues indispensables par la succession des défis qui se présentent à elles". 

La vision de Carlos Moreno sur la ville du quart d’heure n’est pas contrainte par la durée. C’est une image utilisée pour insister sur la nécessité de rapprocher les services des gens, de donner plus d’importance au local, de démultiplier les fonctions de bâtiments habituellement à usage unique. "Le grand ennemi de la qualité de vie, c'est la pendularité" qui consiste à imposer à 70% de la population francilienne de se déplacer sur 7% du territoire de la Métropole du Grand Paris pour aller travailler.  

Carlos Moreno nous invite à réfléchir à la ville de demain, sans rien imposer mais en soulignant la nécessité de revoir notre façon de vivre dans la ville, qu’il souhaite “viable économiquement, vivable écologiquement et équitable socialement”.