Publié le 2 septembre 2019

Art contemporain: une Biennale riche en découvertes à Issy

"J’ai mis trop de moi-même là-dedans" : cette phrase célèbre d’Oscar Wilde à propos du Portrait de Dorian Gray constitue le fil rouge de cette 13e édition qui rayonne dans toute la Ville.

Le portrait a démarré timidement dans l’histoire de l’art, à travers notamment ceux du Fayoum au Ier siècle après JC, des portraits funéraires s'inscrivant dans la tradition de l’Égypte antique ou encore l’un des premiers portraits européens du roi Jean le Bon, au milieu du XIVe siècle.

À l'époque de la Renaissance, le portrait s'impose peu à peu comme un genre artistique à part entière, porté par le courant de l’humanisme qui célèbre l’individu. Depuis, les artistes ont rivalisé de créativité pour représenter la singularité de l'être par le portrait. Quelle est la signification profonde du portrait dans un monde où nous tendons à multiplier les selfies ? Que devient le portrait sur la scène contemporaine et que veulent exprimer les artistes ? Peut-être trouver sous nos masques ce qui se cache au fond de nous, ce que l’on appelle l’âme. C’est la raison pour laquelle Picasso a écrit "Faut-il peindre ce qu’il y a sur un visage ou ce qui se cache derrière un visage ?". À vous de trouver la réponse !

Découvrez les oeuvres de la Biennale d'Issy 2019
Loïc JUGUE, Portrait lent, 2018, extrait d’une installation vidéo de 20 portraits sur écran, 20’00’’ © Loïc Jugue | Olivier MASMONTEIL, Portrait de dos, 2014, huile et pastel sur bois, 148 x 114 cm © O. Masmonteil | Pierre-Louis FERRER, Brut #1 & #2, Clémence [détail], 2018, photographie en ultraviolet, diptyque, 60 x 90 cm © P.L. Ferrer

Exprimer sa vision de l’être humain

S’emparant avec inventivité du genre, sans négliger la tradition du portrait en peinture où le sérieux l’emporte sur le sourire, les artistes s’expriment en toute liberté. Avec les médiums traditionnels ou le potentiel créatif offert par le numérique, ils s’arrêtent, pour les uns, sur la beauté du monde ou la représentation des forces et des faiblesses humaines ou, pour les autres, portent un message. Tous s’accordent à illustrer le mystère d’être au monde.

Ainsi, la série de portraits de David Lynch ne vous laissera pas de marbre : cinéaste américain mais aussi artiste plasticien, designer et musicien, ses photographies Small Stories vous proposent un voyage surréaliste dans le monde des émotions. Gérard Fromanger dessine au pastel un portrait d’Yves Klein en réseau, dans un entrelacs de dérives successives.

Jean Faucheur, icône de l’underground parisien, joue avec son visage qu’il fait disparaître dans ses autoportraits, à l’instar d’Anouk Grinberg qui met en scène des gueules froissées et dissimulées.

Le numérique offre un nouveau potentiel créatif : ORLAN réalise des self-hybridations inspirées de l’Opéra de Pékin, et s’invente un avatar 3D en réalité augmentée. Muni d’un smartphone et de l’application adaptée, le visiteur pourra voir l’artiste se matérialiser en Reine des Masques bondissant hors de l’image !

Christian Lapie est mis à l’honneur et investit l’espace de ses figures spectrales taillées à la tronçonneuse dans des troncs d’arbres, et dressées à la verticale comme des vigies.

Du mercredi 11 septembre au dimanche 10 novembre (vernissage au Musée le vendredi 13 septembre à 18h30) au Musée Français de la Carte à Jouer, à la Médiathèque centre-ville  et à l'Ecole de Formation des Barreaux
-> le site de la Biennale

Biennale OFF

La Biennale se dévoile également à la Médiathèque des Chartreux et aux Arcades avec des expositions dévoilant des univers toujours plus riches et étonnants.

 

Epsylon Point, l’un des précurseurs de l’art urbain

À l’origine de l’émergence du Street art en France, l'artiste a pour particularité de réaliser des fonds très abstraits, peints à main levée, sur lesquels il repeint des pochoirs souvent inspirés de photos d'actualité ou de slogans politiques. Participez également à un atelier créatif en présence de l'artiste où vous pourrez découvrir des techniques de street art.

Du mardi 10 septembre au dimanche 17 novembre 2019 à la Médiathèque des Chartreux

Exposition "1970, je ne fume plus"

Lors de l’hiver 2019, une élève des Arcades, l'école d'art de la Ville, reçoit une trentaine de toiles. Celle-ci en a hérité d’une tante, artiste à ses heures, dont elle ne leur a pas transmis l'identité. C’est à partir de ces toiles qu'un groupe d'élèves décide d’engager un projet plastique en imaginant le parcours de cette artiste amateur qui signait ses œuvres des initiales JK. Peintures à plusieurs mains et narration à plusieurs voix sont au programme de cette exposition hors du commun.

Du mardi 1er au vendredi 18 octobre aux Arcades

Tout le programme :