Mis à jour le 4 juin 2026

André Santini : un maire bâtisseur

André Santini est élu maire en février 1980, à 39 ans, à la suite du décès de Raymond Menand. Une fonction qu’il ne quittera plus jusqu’à sa disparition le 1er juin dernier. Mandat après mandat, il a transformé en profondeur notre commune au point d’en faire l’une des villes les plus innovantes et attractives de la métropole parisienne.  

À son arrivée en 1980, Issy-les-Moulineaux est encore en pleine crise industrielle, confrontée à la fermeture des usines de son territoire et à la nécessité de redéfinir son identité économique. « Quand je suis arrivé, la ville était un véritable dépotoir, se confiait-il à Mireille Dumas dans le livre « Maire célibataire » (Cherche Midi). Il a fallu tout dépolluer, tout nettoyer. On devait donc engager des dépenses énormes mais indispensables si on voulait réhabiliter Issy et redonner à ses habitants un cadre de vie décent, une fierté, un bien-être. Mais ça a pris du temps vu l’ampleur des travaux à engager. »  

André Santini mène alors une politique volontariste de reconversion urbaine. A la place des friches industrielles laissées à l’abandon, il favorise l’implantation de sièges d’entreprises et de groupes de médias, contribuant à faire émerger un pôle tertiaire dynamique aux portes de Paris.  « Au début, poursuit-il dans l’ouvrage, on allait les voir, on leur proposait des terrains, on faisait jouer la concurrence. Alfa Roméo qui devait s’installer à Vélizy est venu chez nous. La venue de Microsoft a marqué un tournant. On a créé une image et aujourd’hui les entreprises viennent toutes seules. Les bureaux ça permet le commerce. Sans les bureaux, le commerce n’a pas assez de clientèle. »   

Les entreprises sont donc venues, en nombre : Accor Hôtels, Arte, Bouygues immobilier, Canal+, Capgemini, CNP Assurances, Cisco, Coca-Cola, Colas, Eurosport, France Médias Monde, le Groupe La Poste, Colas, Macif, Nestlé, Orange, Sodexo, Transdev, Warner Bros... Tant et si bien qu’aujourd’hui Issy-les-Moulineaux compte 80 000 salariés sur son territoire. Plus que sa population. Et de grandes écoles ont suivi comme l’Ecole de formation du Barreau, l’école d’ingénieurs du numérique Isep, la faculté de droit de l’université catholique de Lille, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs…  

Une ville où il fait bon vivre  

Cette stratégie d’attractivité économique s’est accompagnée d’un important travail d’aménagement du territoire. Avec, par exemple, la création de nouveaux quartiers, les écoquartiers, précurseurs : Le Fort en 2013-2014, Bords de Seine en 2015, Cœur de Ville en 2022 ou encore l’entrée de ville au Pont d’Issy en 2025 avec l’inauguration de la Tour Keiko.   

Aujourd’hui c’est le quartier de la ZAC Leon Blum qui connait une profonde mutation avec l’arrivée prochaine de la Ligne 15 du métro du Grand Paris Express reliée à la gare du RER C. Une mutation accompagnée par d’ambitieux programmes de logements à l’image de La Serre confiée au célèbre architecte Winy Maas ou encore un projet octroyé au non moins célèbre architecte de Ground Zero à New York, Daniel Libeskind. Et toujours avec le respect du quota des 25% de logements sociaux.  

Les infrastructures de transport constituent un autre axe majeur de transformation. Grâce à sa proximité avec Paris et à une desserte renforcée (tramway T2, métro Ligne 12, RER C), Issy-les-Moulineaux s’intègre pleinement dans la dynamique du Grand Paris. L’inauguration prochaine de la Ligne 15 du métro venant concrétiser cette volonté de faire d’Issy un carrefour incontournable. Son autre grand projet, « Axes de Vie », lancé en 2024, permettra également de laisser place à toutes les mobilités.    

Une ville innovante  

Sous l’impulsion d’André Santini, la ville est également devenue un laboratoire de l’innovation urbaine. Dès les années 1990, elle s’engage dans le développement des technologies numériques, bien avant que celles-ci ne deviennent un standard des politiques publiques locales. Issy-les-Moulineaux se positionne ainsi comme une “ville numérique”, multipliant les initiatives en matière de services en ligne, de participation citoyenne et d’équipements connectés. Le 22 mai 1996, elle devient ainsi la première ville française à se doter d’un site internet municipal. « Issy.com ». Dans la foulée 26 micro-ordinateurs sont installés dans quatre écoles pour apprendre aux enfants à naviguer sur la Toile. 30 ans plus tard, issy.com permet aux Isséens de bénéficier de l’intelligence artificielle d’IssyGPT pour répondre à leurs questions. Entre les deux, 30 ans d’innovations au service des Isséens : état civil en ligne (1997), Issy TV, la première web-tv locale de France (2000), guichet unique (2005), IssyGrid, programme de gestion énergétique (2011), Open data (données sur des informations d'intérêt général accessibles à tous en 2012), première ville française totalement raccordable à la fibre ou encore un nouveau portail citoyen (2022) et tant d’autres innovations utiles. Cette orientation précoce lui vaut une reconnaissance nationale et internationale.  

 

Le visionnaire de New York  

En mai 2009, à New York, André Santini recevait l'une des plus prestigieuses distinctions internationales consacrées à l'innovation urbaine : le trophée de « Visionary of the Year » décerné par l'Intelligent Community Forum. Cette récompense saluait plus de vingt ans d'engagement en faveur de la transformation numérique d'Issy-les-Moulineaux, alors devenue une référence mondiale parmi les villes innovantes.   

Le jury avait notamment reconnu la capacité d'André Santini à anticiper très tôt l'impact des technologies numériques sur le développement économique, les services publics et la participation citoyenne.   

En lui remettant ce trophée, l'Intelligent Community Forum soulignait qu'il avait su faire d'Issy-les-Moulineaux « l'une des collectivités les plus prospères et avant-gardistes du monde », transformant une ancienne ville industrielle en laboratoire reconnu de l'innovation urbaine. Cette distinction internationale demeure l'une des reconnaissances les plus marquantes de son parcours et illustre la vision qui a guidé son action pendant plus de quatre décennies : faire de l'innovation un outil au service de la qualité de vie, de l'attractivité économique et de la modernisation de l'action publique.