Aéronautique : sur les traces de René Quinton
Si René Quinton est surtout connu pour ses travaux scientifiques et sa théorie du plasma marin, son rôle dans l’histoire de l’aéronautique française mérite une attention particulière. Visionnaire et passionné par les progrès techniques de son temps, Quinton fut l’un des premiers intellectuels à percevoir l’aviation comme une révolution majeure, capable de transformer durablement la société, les communications et la perception du monde. « Pourtant, raconte Jean-François Dray, son nom reste trop souvent ignoré, voire effacé de la mémoire des historiens de l’air. Car René Quinton fut bel et bien l’un des grands artisans -sinon l’un des pères fondateurs – de l’aviation française. »
Ainsi, dès les débuts du XXᵉ siècle, alors que l’aviation n’en est encore qu’à ses balbutiements, René Quinton s’implique activement dans la promotion de cette nouvelle conquête de l’air. Fasciné par le vol, il fréquente assidûment les milieux aéronautiques et s’intéresse aussi bien aux aspects techniques qu’aux implications humaines et scientifiques de l’aviation. Sa présence à Issy-les-Moulineaux, haut lieu de l’aviation française, est emblématique de cet engagement. Le champ d’aviation d’Issy devient, au début du XXᵉ siècle, un laboratoire à ciel ouvert où se croisent pilotes, ingénieurs, inventeurs et journalistes. René Quinton y est un observateur attentif et un acteur reconnu, témoin privilégié des premiers vols, des essais audacieux et des records qui marquent l’histoire de l’aviation. Fin observateur, le savant se distingue également comme un précurseur du journalisme aéronautique. À une époque où la presse spécialisée est encore rare, il contribue à faire connaître les exploits des aviateurs, les innovations techniques et les enjeux de ce nouveau mode de transport. Par ses écrits, il participe à populariser l’aéronautique auprès du grand public par une approche, à la fois pédagogique et enthousiaste. « Retracer l’histoire de la Ligue Nationale Aérienne, créée par René Quinton en 1908, permet de lui redonner la place qui lui revient : celle d’un acteur essentiel de l’aventure aérienne française », conclut l’écrivain.