Mis à jour le 17 juin 2026

À #VivaIssy, Capgemini et Orange montrent comment l'IA transforme déjà le travail au quotidien

L'intelligence artificielle est souvent présentée comme une révolution technologique. Mais à quoi ressemble-t-elle concrètement dans une entreprise ? Comment modifie-t-elle les métiers, les méthodes de travail et la relation avec les clients ?

Deux présentations, organisées le 15 juin dans le cadre du Festival #VivaIssy à l'Isep, ont apporté des réponses très concrètes à ces questions. D'un côté, Claire Labrusse et Darren Boutros, de Capgemini Telecom & Media, ont montré comment l'IA transforme le métier de Business Analyst. De l'autre, Jean-Marc Saladian, interrogé par Xavier Charpentier d'InnoCherche, a présenté les usages déployés chez Orange pour ses collaborateurs et ses clients professionnels.
Malgré des approches différentes, un même constat s'est imposé : l'intelligence artificielle ne remplace pas l'humain. Elle agit comme un accélérateur qui permet aux professionnels de gagner du temps, de mieux exploiter les données et de se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée.

Chez Capgemini, l'accent a été mis sur l'évolution du métier de Business Analyst. L'IA est désormais capable d'analyser des centaines de pages de documentation, de résumer des réunions, de rédiger des spécifications fonctionnelles ou encore de détecter des incohérences dans des projets complexes. Des tâches qui demandaient auparavant plusieurs heures peuvent aujourd'hui être réalisées en quelques minutes.

L'exemple présenté autour d'un projet international de commerce électronique a montré comment ces outils permettent de gérer la complexité croissante des projets numériques, tout en laissant aux experts métiers le rôle essentiel de validation et de prise de décision.

Chez Orange, la démarche a été différente mais complémentaire. Avant de proposer des solutions à ses clients, l'opérateur a commencé par expérimenter massivement l'IA auprès de ses propres collaborateurs. Plus de 50 000 salariés ont ainsi été formés aux usages de l'intelligence artificielle à travers un dispositif baptisé « permis de l'IA ». L'objectif : apprendre à utiliser ces outils de manière responsable et efficace.

Les cas d'usage présentés illustrent la diversité des applications possibles. Les commerciaux utilisent l'IA pour retranscrire automatiquement leurs rendez-vous, préparer leurs tournées ou détecter des incohérences entre les informations fournies par les clients et celles enregistrées dans les systèmes d'information. D'autres s'appuient sur ces outils pour synthétiser de grands volumes d'informations ou préparer des propositions commerciales.

Cette même logique se retrouve dans les démonstrations de Capgemini. Les intervenantes ont notamment montré comment l'intelligence artificielle pouvait analyser automatiquement un backlog projet, identifier les dépendances entre différentes fonctionnalités et signaler les incohérences de priorisation susceptibles de ralentir les équipes.

Au-delà des gains de productivité, ces deux présentations ont insisté sur un sujet devenu central : la maîtrise du langage.

Pour obtenir des résultats pertinents, il ne suffit pas de disposer d'un modèle performant. Encore faut-il savoir lui poser les bonnes questions. Cette compétence, connue sous le nom de prompting, devient progressivement un savoir-faire incontournable dans de nombreux métiers. Capgemini a présenté une méthode structurée permettant de construire des requêtes efficaces, tandis qu'Orange a développé une véritable bibliothèque interne de prompts partagés entre collaborateurs.

Mais cette montée en puissance de l'IA s'accompagne d'une exigence de vigilance permanente.

Les deux entreprises isséennes ont rappelé que les modèles peuvent produire des erreurs ou des hallucinations. Les scores de confiance affichés par les systèmes ne dispensent jamais d'une vérification humaine. L'esprit critique demeure indispensable pour contrôler les résultats, détecter les incohérences et garantir la qualité des décisions prises.

Orange a également détaillé les mécanismes mis en place pour encadrer les usages : comité éthique, dispositifs de signalement des erreurs, conformité au règlement européen sur l'intelligence artificielle et hébergement des données en France pour certaines solutions destinées aux entreprises.

Les applications présentées ne concernent d'ailleurs pas uniquement les grandes entreprises. Orange déploie désormais ces technologies auprès de ses clients Pro-PME avec des services tels que « Mon IA Pro », intégrée à la messagerie professionnelle pour résumer des courriels, proposer des réponses ou retrouver rapidement des informations, ainsi que « Dingo », un agent conversationnel capable de répondre aux questions des clients en dehors des horaires d'ouverture.

L'intelligence artificielle est entrée dans une phase de maturité. Les débats ne portent plus seulement sur ses performances techniques mais sur les conditions de son utilisation efficace et responsable. Pour Capgemini comme pour Orange, la réussite repose désormais sur un équilibre entre trois dimensions : des outils performants, une expertise métier solide et une supervision humaine constante. Une approche pragmatique qui replace l'humain au cœur de la transformation numérique et qui résume parfaitement l'esprit de cette édition 2026 du Festival #VivaIssy.