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Votre parcours : Issy.comLa villeLa culture à IssyHergé, la bande dessinée faite homme

Hergé, la bande dessinée faite homme

Date de publication : 29-03-2018   |   Dernière mise à jour : 03-04-2018   |     |  

Dans le cadre des Entretiens d’Issy, Benoît Peeters vous fait entrer dans la vie privée d'Hergé...

Benoît Peeters est né à Paris en 1956. Son premier roman, Omnibus, est paru aux éditions de Minuit en 1976. Depuis, il a publié une cinquantaine d’ouvrages, traduits en de nombreuses langues. Essayiste, biographe de Hergé, Jacques Derrida et Paul Valéry, il est aussi le scénariste de la célèbre série de bande dessinée Les Cités obscures, en collaboration avec François Schuiten. Il a récemment publié Comme un chef, en collaboration avec Aurélia Aurita.

 

Quel impact son enfance a-t-elle eue sur Hergé qui commença très tôt le dessin ?

Hergé, de son vrai nom Georges Remi, est né à Bruxelles en 1907. De son enfance, marquée par la Première guerre mondiale, il a surtout évoqué la grisaille. Mais le dessin a très tôt été une passion : pas dans le contexte de l’école, mais dans celui du scoutisme où il a publié, dès l’adolescence, ses premières caricatures et ses premières histoires en images.

 

Dans quelle mesure son œuvre a-t-elle été influencée par le contexte historique de l’époque ?

Les Aventures de Tintin apparaissent à bien des égards comme une chronique du vingtième siècle. Mais le plus extraordinaire est que, issu d’un milieu aux convictions étroites et ayant très peu voyagé, Hergé soit parvenu à donner naissance à une œuvre aussi ouverte et aussi universelle. L’extraordinaire, c’est aussi que des albums comme Le Lotus bleu, Le Sceptre d’Ottokar ou L’Affaire Tournesol demeurent aussi lisibles que s’ils avaient été dessinés hier, alors qu’ils s’appuient sur des événements historiques très précis. Comme tous les vrais classiques, Les Aventures de Tintin entretiennent un rapport magique avec le temps. C’est sans doute là le vrai secret de la « ligne claire », cette forme d’épure graphique et narrative par laquelle on définit souvent l’œuvre d’Hergé.

 

Quelle place l’engagement avait-il dans son œuvre ? 

Quand j’ai commencé à travailler sur les Aventures de Tintin, à la fin des années 1970, les gens évoquaient souvent Hergé de manière peu flatteuse. Graphiquement, il semblait trop classique, presque démodé. Politiquement, il était très suspect. Mais en fait, on mélangeait tout : les « péchés de jeunesse » que sont Tintin au pays des Soviets (1930) et Tintin au Congo (1931), son attitude trouble sous l’Occupation, la quasi absence de personnages féminins dans la série… Il y avait selon moi bien autre chose à dire sur cette œuvre. Comment ne pas être sensible à la générosité qui est au cœur des Aventures de Tintin, et par exemple à l’amitié entre Tintin et Tchang dans Le Lotus bleu et Tintin au Tibet. L’une des choses qui me passionne dans le parcours d’Hergé, c’est qu’il est parti de presque rien et s’est peu à peu inventé, comme auteur et comme individu, à travers son personnage. Quel trajet que celui qui mène des maladresses de Tintin au pays des soviets aux finesses des Bijoux de la Castafiore ! Quel parcours que celui qui a permis au petit employé d’un quotidien ultra-conservateur de devenir un amateur éclairé d’art contemporain et un lecteur du taoïsme !

 

Entretien d'Issy jeudi 26 avril à 20h

Hôtel de Ville - 62 rue du Général Leclerc

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