portraits régionaux
Au début du XVIe siècle, Rouen et Paris d'une part, Toulouse et Thiers d'autre part et enfin Lyon, délimitent trois grandes régions de production. Dans la seconde moitié du XVIe siècle apparaît l'idée de lever l'impôt sur ces "instruments du diable" que sont les cartes à jouer. Face à la résistance des artisans-cartiers, le pouvoir doit s'adapter et le XVIIe siècle voit se succéder périodes d'imposition et de liberté. Il n'en est pas moins l'âge classique des Portraits Régionaux français. Entendons par là, les figures qui caractérisent le jeu dans une région donnée. En 1701 apparaît une nouvelle aire fiscale, décisive pour l'avenir des cartes à jouer. Désormais tous les cartiers devront se conformer au modèle en usage dans les régions. Les Portraits Régionaux sont codifiés par la loi. Ils subissent parfois d'importantes modifications graphiques. A la veille de la Révolution, la France offre neuf portraits régionaux de cartes ordinaires : dans le quart sud-est (Provence, Bourgogne, Dauphiné) autour de Lyon, qui a joué un rôle déterminant dans la fixation des couleurs françaises - trèfle, carreau, pique, cœur ; à l'ouest (Limousin, Guyenne, Languedoc) autour de l'Auvergne. La moitié nord du pays est déjà vouée au Portrait de Paris. Ces portraits sont restés en usage jusqu'à l'Empire.
Jeu "reconstitué" au portrait de Lyon. Farnier, Augereau, Goujon, Ressy, "Société", Delaunay, Fayole et Houssen. Lyon, Angoulême, France, XVIIIe s. Gravure s/bois; coul. au pochoir. © Cl. MFCJ / J.L.Charmet.
Figures au portrait d'Auvergne. Anonyme, France, XVIIIe s. Gravure s/bois; coul. au pochoir. © Cl. MFCJ / F.Doury.
Figures au portrait de Bourgogne. N.Bouilland, J.Tissot, J.Fedites, P.Mandrillon [?]. C.François, Prost, J.A.Labouret et Généralité de Franche-Comté. Lyon, XVIIe s. et Besançon, XVIIIe s., France. Gravure s/bois; coul. au pochoir. © Cl. MFCJ / F.Doury.