A l’origine des rues les plus anciennes, se trouvent des chemins ruraux. Le chemin des berges, le long du fleuve, ainsi que celui qui passe au bas du coteau à l’abri des crues du fleuve, sont certainement antérieurs à la conquête romaine.
Ces deux derniers deviennent, du Moyen-Âge au 18ème siècle, les axes de communication principaux. Celui qui rejoint la Seine, porte le nom de « grand chemin de Sèvres ». L’autre est, à la fin de l’Ancien Régime, la route de Versailles. Une voie s’en sépare au niveau de l’actuelle place de la fontaine et gravit le coteau jusqu’au centre du village, devant l’église. Puis, par une succession de bifurcations, elle se subdivise en de multiples sentiers qui conduisent aux vignes sur le plateau.
Une grande partie de ces sentiers est supprimée lors de la construction du fort en 1842.
À la même époque sont ouverts les chemins de grande communication qui mettent en relation les communes entre elles, à l’exemple du chemin de grande communication n° 2 (rue Aristide Briand, avenue Pasteur et boulevard Rodin). Parallèlement s’implantent plusieurs lotissements, avec leur propre réseau de rues. Les plus importants sont l’œuvre du Comptoir Central de Crédit qui, après l’accession de son dirigeant, Édouard Naud, au poste de maire, fait don à la commune des voies qu’il avait tracées dans le parc du château des Conti, dans la plaine et l’Île saint-Germain.
À la même époque, une délibération du 21 avril 1894 débaptise vingt-quatre rues, pour la plupart anciennes, pour leur donner des noms soulignant l’héritage de la Révolution ou exprimant un attachement à la République.
Notons par ailleurs qu’alors, seules les rues les plus importantes et les rues nouvelles sont « viabilisées ». Parmi les autres, nombreuses sont celles qui n’ont pas fait l’objet de travaux tels qu’une installation de conduites d’eau et d’égouts, voire un empierrage ou un pavage.
Au début du 20ème siècle, d’autres changements interviennent. La création du champ de manœuvres entraîne la suppression de tout le réseau qui existait dans ce secteur, tandis que, après la construction du pont d’Issy, la rue Rouget de Lisle devient l’une des principales voies d’accès dans la commune. En 1921, à la suite de la levée des servitudes militaires autour du fort, un nouvel ensemble de rues est créé, auxquelles le Conseil municipal attribue un nom dans sa séance du 30 novembre 1930.
En 1930, la voirie isséenne a acquis une forme qu’elle conservera jusque dans les années 1980. Après cette date, à la suite de la création de nombreuses Zones d’Aménagement Concerté, la morphologie de plusieurs secteurs de la commune est bouleversée, avec apparition de nouvelles voies. Les dénominations qu’elles reçoivent, appartiennent pour chaque opération à une thématique donnée (l’aviation, la batellerie fluviale, etc.).
Ce travail a été effectué avec la collaboration de la Commission « Mémoire de la Ville » du Conseil Communal des Aînés, et la participation de Mesdames V. Lejoindre, A. Sauvaget, J.Tournet-Lammer et Monsieur E. Chilot.
- une monographie, le « Dictionnaire des origines des noms des rues et principaux sites de la ville d’Issy-les-Moulineaux » par D. Rabatel,
- le fichier « rues d’Issy » du CRHIM (Centre de Recherches Historiques d’Issy-les-Moulineaux),
- le fonds documentaire du Centre de Documentation du Musée Français de la Carte à Jouer et Galerie d’Histoire de la Ville.