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LES RUES D'ISSY (ACCÈS ALPHABÉTIQUE)

Les rues d'Issy de E à F

EGLISE (place de l')

Carte Postale, début 20 ème siècle, collection musée Français de la Carte à Jouer

La place s’ouvre au carrefour des rues Minard, Abbe Gregoire, Jules Guesde et avenue Jean Jaurès.
Elle est située dans le quartier : Centre Ville / Corentin Celton - Les Varennes.

Elle a été formée à une date indéterminée par la convergence de rues qui comptent parmi les plus anciennes de la ville.

Depuis une époque très ancienne, un gros orme était planté entre l’église et la maison forte seigneuriale qui lui faisait face ; non loin, devant la porte principale de cette dernière, se trouvait le pilori. C’était un lieu de réunions où l’on venait prêter serment, prendre des engagements entre maîtres artisans et apprentis ou entre vendeurs et acheteurs. Le parvis de l’église - voire l’église elle-même - accueillait, jusqu’à la Révolution, les assemblées communales, convoquées au son des cloches.


Carte postale, début 20ème siècle
coll. particulière

La place était à cette époque surélevée, avec un escalier qui permettait d’y accéder, notamment du côté de l’actuelle rue Minard.
Par la suite, elle se trouva complètement transformée - et en particulier élargie - par l’ouverture de l’actuelle rue de l’Abbé Grégoire, en 1863, et par la démolition des bâtiments qui la bordaient - dont le dernier était, sur le côté sud, un imposant et ancien « café-tabac » démoli à la fin des années 1960.


Carte postale, début 20ème siècle
coll. Musée Français de la Carte à Jouer

La place est pour la première fois éclairée au gaz à la fin des années 1850, suite à l’installation d’un bec de gaz payé par souscription publique.

Son nom lui a été attribué à une époque indéterminée.

Le nom a été choisi du fait de la présence, sur la place, de l'Église Saint-Étienne.

Sans doute fondée à une date très reculée (le culte de Saint-Étienne s'est répandu au 5ème siècle), l'église Saint-Étienne est citée dans un texte de 1084 qui donne à l'évêque de Paris le droit de nommer le curé d'Issy.
L'édifice actuel a été construit entre 1634 et 1645. Il a été béni par le nonce apostolique en 1661.
Son architecture se caractérise par ses formes de style roman - et cette survivance d’un style traditionnellement rattaché au monde des campagnes (par opposition au gothique, plus urbain) rappelle qu’au 17ème siècle Issy n’est encore qu’un gros bourg rural.
A l’exception d’un tympan sculpté de style roman également (12ème siècle), appelé le Christ aux Anges, le décor est d’une manière générale classique, de style ou d’esprit. Certains éléments : les deux bénitiers Renaissance, la cuve baptismale d’époque Louis XIV et les tableaux des chapelles latérales, sont protégés au titre des Monuments Historiques - comme le tympan d’ailleurs, classé le 17 juin 1905.
Sous la Révolution, l’église est momentanément fermée après que le prêtre constitutionnel alors en fonction ait donné sa démission le 11 novembre 1793. Elle subit alors quelques transformations : un autel de la Liberté y est élevé. Puis elle devient « Temple de la Raison » (en l’an II), « Temple décadaire » (de l’an VII à l’an IX), enfin « Maison commune » (en l’an X).
L'église est dévastée durant les évènements de 1871, tout comme la majeure partie de la ville. En 1872, sa réouverture au culte se déroule en présence du futur président de la République, le Maréchal de Mac Mahon.
L'église a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 10 avril 1929.

Le nom a également été donné jusqu’en 1894 à l’actuelle rue de l’Abbé Grégoire.

La place dessert l’église Saint-Étienne qui lui a donné son nom.

 


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