Son nom lui a été donné vers 1890 par le Comptoir Central de Crédit.
Le nom a été choisi en souvenir d'Édouard Naud (1831 - 1894) : ancien Maire d'Issy-les Moulineaux, de 1871 à 1878.
Édouard Clément Naud tient à sa façon une place importante dans l'histoire d’Issy-les-Moulineaux. Il est le gendre de Victor Corentin Bonnard, fondateur et gérant d’une société installée à Paris en 1853, le Comptoir Central de Crédit. En 1855, cette société, qui se trouve dans une situation financière délicate, imagine de trouver de nouveaux supports à ses affaires de billets de crédit en achetant de grands terrains à bas prix près de Paris pour les revendre sous forme de lotissements.
C’est ainsi qu’elle se lance à Issy dans une campagne d’acquisition de terrains dont la superficie atteint finalement 115 hectares.
Mais à l'époque le secteur d’Issy n’est pas très attractif du fait de la proximité de nombreuse usines (la Société Française de Munitions Gévelot, par exemple) et d’une mauvaise desserte par les voies de communication (train, omnibus, etc.).
Malgré ces handicaps, Edouard Naud, après avoir pris la direction du Comptoir Central de Crédit en 1861, va tenter de rentabiliser ce capital. Il a de l’entregent et est alors un personnage considérable. Il est, entre autres mandats, juge du Tribunal de Commerce de la Seine. Il bénéficie de puissants soutiens, et notamment de celui de Jules Grévy, futur Président de la République (de 1879 à 1887).
A Issy, il est nommé conseiller municipal par décret impérial du 31 octobre 1863, reconduit par décret du 20 août 1865 et enfin élu en août 1870. Devenu Maire le 13 août 1871, maintenu dans ses fonctions par un arrêté préfectoral du 9 mars 1874, puis réélu le 8 octobre 1876, il administre la commune jusqu’en 1878.
C’est dans ce contexte qu’il fait don à la ville des chemins qui ont pu être établis sur les terrains possédés par le Comptoir Central de Crédit. La démarche n'apparaît cependant pas aussi généreuse qu'on pourrait le penser de prime abord… C'est en effet la ville qui, suite à ce don, a à supporter les frais d'entretien, de pavage, d'éclairage…, tous éléments qui donnent une bien plus grande valeur aux terrains possédés par le Comptoir… et qu’Édouard Naud entend toujours vendre.
Sous son impulsion, les habitations se multiplient, donnant naissance à des secteurs résidentiels, notamment aux environs du Parc du Château (l’actuel parc Henri Barbusse), tandis que dans la plaine et le quartier de la Ferme, des immeubles sont édifiés dans lesquels viennent s’installer principalement les populations ouvrières (ex. : la Cité Naud).
Il poursuit jusqu'à sa mort, le 31 octobre 1894 à Paris, ses opérations de lotissement, aux résonances finalement assez contemporaines visant à un quadrillage rationnel des voies et au remodelage d’un territoire.
Novateur, Édouard Naud l’a également été dans un autre domaine : c’est lui qui en 1872, a fait ouvrir la première école communale laïque.