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LA COMMUNAUTÉ ARMÉNIENNE D'ISSY

Rencontre avec Jacques Haïrabedian, un Arménien d'Issy

Installé à Issy depuis 1928, l'ancien champion de l'Avia Club Boxe fait partie de la deuxième génération d'Arméniens en France. Découvrez son témoignage.
Point d'Appui : « Suite au génocide de 1915, où vos parents se sont-ils installés ?
Jacques Haïrabedian : Mes parents sont arrivés à Marseille, au camp Oddo. Pour travailler, ils sont allés à Fumel, dans le Lotet-Garonne. Je suis né là-bas. Mon père était garde de triage, il vidait et chargeait des wagons entiers de matériaux divers.
Alors que je n'avais que deux ans, mes parents se sont installés à l'Île Saint-Germain. Il y avait beaucoup d'étrangers, majoritairement des Arméniens, des Italiens, des Espagnols, des Algériens et puis, quelques Français. Petit à petit, à la recherche d'une meilleure qualité de vie, les Arméniens se sont déplacés vers les sommets d'Issy-les-Moulineaux, de Clamart et de Meudon. C'est le cas de mes parents qui ont emménagé rue de la Défense.

Pd'A : Vous faites partie de la 2e génération d'Arméniens. Vous considérez-vous déraciné ?
J. H. : Non, dès la naissance j'ai eu la nationalité française. Je suis 100% Français. Je me sens néanmoins également Arménien car je parle la langue, je la lis et je l'écris. En fait, comme Aznavour, je suis également 100% Arménien !

Pd'A : On sait que l'intégration sociale et professionnelle des Arméniens a été rapide…
J. H. : À l'origine, beaucoup travaillaient dans des usines et des ateliers. Suite à un décret-loi des années 30 limitant le nombre d'étrangers dans les usines, beaucoup d'Arméniens sont devenus commerçants et se sont mis à leur compte. De fait, cette mesure les a aidé à sortir des usines et à démontrer leur esprit d'initiative.

Pd'A : Vous êtes vous-même un exemple. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J. H. : J'ai quitté l'école à 15 ans et, jusqu'à mon service militaire, j'ai travaillé à l'usine pour faire vivre ma famille. Pour m'amuser, je me suis inscrit à l'Avia Club Boxe. C'était en 1943. De matches en matches, je suis devenu professionnel. Malheureusement, suites à des blessures, j'ai stoppé ma carrière… Je me suis ensuite lancé dans le commerce international à partir des liens que j'avais tissés dans le milieu de la boxe.

Pd'A : Comment avez-vous vécu l'indépendance de l'Arménie en 1991 ?
J. H. : L'indépendance a été un moment grandiose ! Peu de temps après, alors que j'étais membre du Comité de direction de la Fédération Française de Boxe, j'ai organisé la visite d'une équipe arménienne en France. L'Arménie a participé avec son propre drapeau et son hymne national… Cela m'a donné la chair de poule. Cette émotion, largement partagée, était vraiment intense ! »

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